Tuesday, July 03, 2007

Une autre vie. Un monde parallèle?

Ce blog a été longtemps laissé en jachère. Il y avait pourtant beaucoup d'événements à relater ici. Les élections françaises ont électrisé Paris. Il est toujours étonnant de voir que malgré que Sarkozy ait obtenu 54 % des votes, personne dans mon entourage ne dit avoir voté pour lui. Le même phénomène se produisait il y a quelques années lorsque Berlusconi est arrivé au pouvoir. Est-ce à dire que le monde des sciences soient un repère de gauchistes? Moi qui croyait que la principale qualité d'un physicien était le conservatisme révolutionaire. Il faut croire que dans la théorie des cordes, il ne reste plus que les révolutionaires.

Il y a aussi un retour de Rome avec ses images uniques . Découvrir une ville grâce au tango est une expérience particulière. Le tango nous amène sur les chemins de travers, là où les touristes ne vont pas, avec un sac à chaussures et une vague carte de Google dans les mains. Car les salles peuvent se trouver dans des quartiers populaires ou même industriels. Lorsque l'on se retrouve tard dans la nuit dans des rues sombres, sans savoir vraiment où l'on est, cela vaut toutes les aventures afghanes. On se demande ce que l'on fout là. Mais lorsque les premières notes de tango ou de valse se font entendre, le bonheur est décuplé.

Il y eu aussi la découverte la chaleur et l'hospitalité espagnole. Madrid est une ville qui vit à son rythme naturel. Comme il fait chaud, les rues ne commencent à se peupler que dès 22h. Dès lors, une effervescence spontanée anime la ville. Jusque dans les milongas où l'on se sent accueilli (contrairement à Paris). Les danseuses sourient (c'est un comble de devoir le dire!) et on te salue.


Il y aurait beaucoup de choses à dire. Mais tant de choses somme toute futiles. Car lorsqu'un blog comme celui-ci se tait, cela veut dire que la vie de son auteur devient plus intense. Cette vie qui ne se raconte pas sur un blog. Celle qui ne se résume pas à une équation, ni même à une mesure de tango.

Monday, June 04, 2007

Dolce Vita

La vie à Rome semble être une douce vie. Entre des buffets à midi sur une terrasse ensoleillé et de longues douces soirées à déambuler dans les rues aux noms inscrits dans le marbre, il ne manque plus que les cheveux aux vents sur une vespa, ou des pieds nus dans une fontaine pour vivre la dolce vita.

Malheureusement, il y a aussi du travail à Rome. Cela ne m'empêchera pas d'aller à la découverte des milongas romaines, une fois mon talk donné.

Thursday, May 31, 2007

Anselm Kiefer au Grand Palais.

Ma plus belle chemise a été sortie des bas-fonds de mon armoire. Mes chaussures ont été cirées. Rasé comme je ne l'ai plus été depuis des années, j'étais prêt pour l'événement mondain de la semaine. Vous rendez-vous compte?! Anselm Kiefer expose à Paris. C'est momumental! et c'est au Grand Palais.



En faisant abstraction du (pas) beau Dominique de Villepin, des bourgeois parisiens pour qui l'art ne peut être que marchand, des belles plantes pour qui l'art se découvre au bras de leur riche mari et des Aaartistes en pantalons de paillettes d'or, il faut avouer que l'exposition est magnifique. A voir absolument

Saturday, May 19, 2007

LeMonde: Attentat à Kunduz

Voilà un article de Monde qui ne dit rien de bon sur l'évolution de la situation en Afghanistan. Une bombe a explosé sur le marché de Kunduz. Pourquoi n'est-ce pas bon signe?

Kunduz se trouve dans le nord de l'Afghanistan. Cette région fut le théâtre de violent combat entre talibans et américains (avec l'alliance du Nord) lors de l'intervention américaine. Depuis lors, elle est resté plus ou moins à l'écart des violences afghanes. Contrairement aux régions du sud qui sont ouvertement en guerre, le Nord (Mazar E Sharif, Kunduz et Fayzabad) était épargné pas les violences. Mis à part un attentat au vélo piégé à Kunduz l'année passé, ou quelques attaques à la roquette à Fayzabad, les 3000 soldats allemands se trouvaient dans une région plus ou moins pacifiée. Ce n'est plus le cas.

En 2005, j'y suis resté deux jours, dans ce marché de Kunduz où l'attaque a eu lieu. Le marché est en fait le long de deux rues perpendiculaires qui forment le "centre ville". La route, bien que goudronnée est poussièreusse. Les échoppes d' "accessoires de voitures" crasseuses. Je m'y balladais pour y goûter les glaces faites maison et les pains plats des boulangers dont les fours donnaient sur la rue. C'est sur une de ces rues où se trouvait le Chaikhana où j'ai dormi la première nuit avec ces deux ex-mudjahidines voulant me protéger des dangers de la ville. Nous étions arrivés après un très éprouvant voyage depuis Faizabad. La route était longue et en très mauvaise état. Les quelques 200 km qui séparaient les deux villes ont été parcourus en 15 heures. Dans ces 15 heures, il faut compter les arrêts-prière, les arrêts pour déplacer les cailloux sur la route, les arrêts-restaurant et les checkpoints. C'est sur l'un de ces checkpoints que j'ai vécu mon expérience afghane la plus difficile. Dans ce "flying couch", j'avais rencontré ces deux afghans, dont l'un avait perdu une jambe "contre les russes". Ils avaient pris mon parti à ce checkpoint à la sortie de Taloqan et lorsque nous étions arrivé à Kunduz de nuit et que je ne connaissais aucun lieu pour dormir, ils m'ont alors proposé que je les accompagne. Ils ne me connaissaient pas, mais ils ont voulu me protéger. Ce fut un moment très fort où l'hospitalité afghane a pris tout son sens, une véritable leçon de vie.

Tuesday, May 15, 2007

Très bon article du NYtimes sur le CERN

Si vous voulez comprendre l'expérience LHC qui va bientôt (on l'espère) être lancée au CERN à Genève, il faut lire cet article du New York Times. Comme la plupart des articles "science" du New York Times, celui-ci est de très haute qualité. Il explique avec clarté les enjeux scientifiques, financiers et politiques de cette expérience, ainsi que les dimensions industrielles qu'elle représente. On peut aussi trouver une vidéo et des photos donnant l'échelle des détecteurs ainsi que l'atmosphère au CERN.



Wednesday, May 09, 2007

Hab' ich noch einen Koffer in Zurich ?

Deux jours pour dire adieu à Zurich, c'est court. Ce n'était d'ailleurs pas le but.

Il fallait y aller pour régler des affaires administratives comme on solde huit ans de sa vie. Une signature au bas d'un document, un interlocuteur qui se lève et tend la main en disant: "Gratulation, Herr Doktor Maillard", c'est un livre de huit ans qui se ferme.




La première page avait été écrite l'été 1997. Mes bagages se déposaient alors au 7 de l'Apollostrasse. Puis plus tard une autre valise était laissée à la Duebendorfstrasse et finalement au Lerchenrain. Une ville s'apprivoise lentement. Les débuts sont difficiles. On ne connait rien ni personne. Même pas la langue. On est jeune et timide, la ville impressionne. Mais au blues des premiers mois succède la découverte des plaisirs citadins. Comme une poupée russe, chaque porte que l'on pousse ouvre de nouveaux horizons. Les possibilités se multiplient. Elle devient sienne.


Alors lorsque la lourde porte du Hauptgebaude se ferme une dernière fois derrière soi, le coeur se serre. C'est un peu de sa personne que l'on laisse derrière soi. On prend conscience de ce que l'on quitte. Alors on s'arrête sur la Polyterrasse. On y contemple la Frauenmuenster et la Grossmuenster. On sourit en se remémorant les descentes en luge de l'Uetliberg. Finalement, on se résoud à traverser la Limmat pour dire au revoir à l'ange gardien de Nikki. Le train de 9h34 est déjà à quai. On y monte sans savoir quand on reviendra.

Mais comme Marlene Dietrich pourrait chanter, "Ich hab' noch einen Koffer in Zurich. Der bleibt doch dort und das hat seinen Sinn. Auf diese Weise lohnt sich die Reise..."

Monday, April 16, 2007

Armée

Blog fermé

pour cause de service militaire.

De retour le 8 mai.

Thursday, April 12, 2007

BBCNews: Kirghizstan

Encore des manifestations dans la capitale kirghize, Bishkek. Petit topo sur ce pays visité à deux reprises.

Le Kirghizstan est un magnifique petit pays montagneux que l'ancien président ( un physicien devenu dictateur) aimait appeler la Suisse de l'Asie Centrale. C'est une ex-république soviétique qui est, comme le Turkménistan, l'Oubekistan ou le Kazakstan, rapidement devenu une dictature à la sortie de la période communiste. Mais contrairement à ses voisins riches de pétrole, de gaz et de coton, le Kirghizstan est pauvre. Sa seule richesse est une mine d'or dans les montagnes du Tien Shan. Comme elle est pauvre, sa dictature était fragile. Il a suffit d'une petite révolution "des Tulipes", aidée comme en Géorgie et en Ukraine par les fondations Soros, pour passer d'un dictateur à.... un autre. Le président actuel, Bakiev, vient simplement d'un autre clan (de la ville d'Osh) que le précédent. C'est à peu près la seule différence. Alors au retour des beaux jours, depuis deux ans, des manifestations plus ou moins pacifiques apparaissent dans les rues de la capitale. Mais comme c'est un pays pauvre, tout le monde s'en fout. D'autant plus que les Etats-Unis y ont une base militaire d'où les avions ravitailleurs partent pour aller en Afghanistan.

Malgré ces problèmes récurrents, ce pays reste un pays sûr pour voyager, malgré ce que l'on peut lire dans les conseils aux voyageurs issus des gouvernements

Wednesday, April 11, 2007

Washingtonpost: Zurich Town

Un article insolite ce matin sur le Washingtonpost sur la dernière mode chinoise. Elle consiste en la construction de villes sur le modèle occidental. Venise et londres ont déjà été copiées. Plus insolite, un projet d'une copie de Zurich est à l'étude.

(Photo de Washingtonpost.com)

Avec un peu d'imagination, on peut reconnaitre le Zuriberg en arrière-fond, avec le Limmatquai en diagonal. Par contre, je ne parviens à trouver ni la Bahnhofstrasse, ni la Fraumuenster...

Tuesday, April 10, 2007

Festival Ostertango de Bâle

Après le festival de Bruxelles le weekend passé, ce fut le tour du festival de Bale pour le long weekend de Pâques. C'est la deuxième édition à laquelle je participe et j'ai beaucoup moins apprécié celle-ci.

Il est assez étrange de remarquer l'évolution des attentes entre deux éditions d'un même festival. Il y une année, l'Ostertango était le premier festival auquel je participais. Le souvenir est celui de démonstrations éblouissantes (en particulier Marcelo/Analia et Julio/Corina), de bals- à cause du manque de place- difficiles à danser et de danseurs magnifiques. Une année et quelques festivals plus tard, le regard sur la deuxième édition est totalement différent. Les démonstrations étaient décevantes, la place à disposition pour danser suffisante et le niveau des danseurs bon.

A quel point ces appréciations sont-elles objectives? A quel point ce sont les attentes envers les démos et les bals qui ont changés? L'année passée, les démos de Julio et Corina étaient impressionnantes. L'énergie, la fluidité et la précision de leur danse étaient inégalées. Leur manière de danser comme dans une milonga, sans les figures amples du tango nuevo, donnait l'impression d'une improvisation. Mais cette année, sur les quatre danses qu'ils nous ont proposés, deux étaient strictement identiques à celle que l'on a pu voir à Bruxelles. Ma naiveté en a pris un coup. Pour certains couples comme Sebastian et Mariana, il est évident que la plupart de leurs démonstrations sont chorégraphiées. A l'inverse, Chicho prétend ne choisir ses musiques que dix minutes avant les démos. Je sais maintenant que Julio et Corina chorégraphient leurs prestations. De le remarquer vendredi soir à Bâle m'a profondément attristé: Comme dans toute relation d'amour, le temps de la décristallisation devait un jour arriver.

Quant aux bals, il est difficile de dire s'il y avait réellement plus de monde en 2006. Là encore, c'est peut-être la différence entre les yeux d'un enfant ébloui par un nouveau jouet et le regard d'un homme mûr (ou blasé, qui sait). Comme pour débutant, la gestion de l'espace était plus difficile l'année passée: celui qui guide doit être plus concentré et profite moins intensément de la musique. Cette année, il semblait aisé de faire des tours sans que la femme ne recoivent dix coups de talons.

Encore faut-il danser. Si le post précédent expliquait certaines tactiques masculines pour choisir une partenaire dans un festival, faut-il encore qu'elle soit intéressée. Si pour l'homme, inviter une inconnue est source de risques, le même vaut aussi pour la femme: elle prend le risque de passer 3 terribles tangos en acceptant une danse avec un mauvais danseur. Alors lorsque le festival a lieu dans des endroits comme Bâle ou Paris où le niveau des danseurs est élevé, la danseuse "locale" n'a pas besoin de prendre trop de risques: il y suffisamment d'hommes qu'elle connait pour passer une bonne soirée. C'est une des raisons (sûrement pas la seule) pour laquelle les danseur(se)s parisien(ne)s sont souvent considéré(e)s comme étant arrogant(e)s. Lorsqu'un étranger inconnu vient au Neuf Billard par exemple, il est fort probable qu'il se ramasse quelques "râteaux": la probabilité est grande que les femmes, qui ont la possibilité de danser avec des hommes connus, lui oppose un NON plus ou moins poli. A savoir si cela est dû à de l'arrogance ou à de l'autodéfense...


Thursday, April 05, 2007

Festival de Tango de Bruxelles

Ce weekend a eu lieu le Festival de Tango de Bruxelles. Malheureusement, sa réputation auprès des danseurs parisiens était un peu surfaite. La faute aux DJs. Car les lieux étaient magnifiques, en particuliers le théâtre de Vaudeville dans la galerie de la Reine. Les soirées du vendredi et du samedi furent plombées par une musique lente, monotone et sans rythme. Par chance, DJ Tomasso fit un très bon travail le dimanche. Un lieu magnifique, un très bon DJ sont les secrets d'une belle soirée. Cela suffit pour que l'on danse de 22h à 4h du matin sans interruption. Certaines musiques et les danses qui y sont associées sont si intenses que l'on ne veut pas quitter sa partenaire. Une tenda, deux tendas, puis une série de valse, et encore je-ne-sais-combien de tendas. On s'enivre de la mélondie et de l'endroit. On se perd dans l'abrazzo d'une danseuse. Une inconnue devient une confidente, le temps de quelques tangos. La danse est si parfaite que le tango se transcende en une communication exclusive et évidente.

C'est pour ce genre de moments qu'un festival reste un moment unique. Quelques instants peuvent sauver un weekend. Car un festival est une rencontre difficile. On y connait souvent peu de personnes. Il faut donc se trouver des critères pour choisir les danseuses que l'on va inviter. L'idéal serait évidemment de les voir danser. Mais cela prend du temps: en début de festival, cette méthode n'est pas applicable. Il faut donc y aller à l'aveugle. Souvent, on s'aide de détails significatifs chez la femme. Les chaussures en font partie. Selon la hauteur et la beauté des chaussures, on peut estimer l'expérience d'une danseuse: de nos jours, il est de plus en plus rare pour une femme de porter des talons au quotidien. Par conséquent, de basses chaussures fermées trahit souvent une débutante.

Evidemment, les quelques trucs à notre disposition ne sont pas infaillibles. Il y a donc de fortes chances que les premières danses se soient pas les meilleures. Alors après quelques tangos plus ou moins fructueux, au hasard des rencontres au bar, les hommes s'échangent des conseils. Les femmes à éviter, celles à inviter. C'est ce qui rend un festival de tango cruel.

Mais plus le festival avance, plus les gens se reconnaissent. La qualité des danses s'améliore. A la fin du festival, on aura peut être rencontré trois, quatre ou six (si l'on est chanceux) danseuses avec lesquelles la communication a bien passé. Avec chacune d'entre elles se sera installé un dialogue différent. Contrairement aux milongas locales où les gens se connaissent et les nouveautés sont rares, le festival donne la possibilité d'aller à la découverte de trois, quatre ou six nouvelles sensibilités et manières de danser. On aura découvert autant de nouveaux univers. C'est ce qui rend un festival de tango magique.

Dès demain, je serai au Festival de tango de Bale.

Wednesday, April 04, 2007

Le maire de Paris vous convie...

Le maire de Paris vous convie à une réception à l'Hôtel de Ville. Ce n'est pas tous les jours que l'on reçoit de telles invitations dans sa mailbox, le matin en arrivant au bureau.

C'est la raison pour laquelle nous étions lundi soir avec 600 collègues dans le salon principal de l'Hôtel de Ville.
A l'arrivée, il ne fallait surtout pas se tromper, car les scientifiques n'étaient pas les seuls invités. Dans une salle adjacente, le même maire de Paris recevait les artisans des meilleures baguette et éclairs au Chocolat. On accède au salon (pas de photos malheureusement) par un portique de sécurité , puis par un grand escalier. Au bas de l'escalier, le faste "républicain" se fait sentir, avec les hauts plafonds, et les tapis rouges. Le salon est tout en longeur, avec des mirroirs sur les murs et des fresques aux plafonds. Une estrade est installée au fond, où un groupe jouera de la musique et les discours auront lieu. Malheureusement, Bertrand a préféré la gastronomie française aux chercheurs étrangers. Nous n'avons donc eu droit qu'aux discours de ses adjointes. Après une somme de banalités - qui par chance n'a pas trop duré - sur la qualité de Paris et la chance d'accueillir autant de chercheurs étrangers, la soirée continua avec petits fours et champagne.

Une banale réception à l'Hôtel de Ville, en somme

Tuesday, April 03, 2007

Où il fait bon vivre...

Selon une nouvelle étude de l'institut Mercer HR, Zurich et Geneve sont les deux villes où il fait le mieux vivre au monde. La radio suisse romande se fait un malin plaisir de préciser que Paris ne figure qu'au 33e rang mondial. Cependant, je n'ai pas réussi à trouver sur quels critères objectifs Mercer HR se basait pour affirmer cela. De plus, la RSR oublie de mentionner la petite remarque qui fait la différence entre la qualité de vie et la "qualité d'habitat".

La qualité de vie serait fait de ces petits "plus" qu'offrent une ville et qui ne peut pas être quantifiés. On se saura donc jamais s'il fait mieux vivre à Paris ou à Genève... mais ça, la RSR ne nous le dira pas...

BBC: Tremblement de terre en Afghanistan

Une triste nouvelle ce matin sur le site de la BBC. Un tremblement de terre d'une magnitude de plus de 6 sur l'échelle de Richter a frappé la région reculée de l'Afghanistan que j'avais visité. Connaissant leur manière de construire leur maison, il faut craindre le pire. Par chance, le tremblement de terre a frappé à 8h du matin (heure locale), heure à laquelle les gens sont éveillé. A suivre

Autre article sur l'afghanistan dans Le Figaro. Il parle du risque d'une guerre civile. Bien qu'il soulève un point justifié du problème afghan, l'article est totalement ridicule. Lorsqu'il parle d' "armes sophistiquées", ça fait sourire. Les Mujahidines afghans se battent avec des fusils et des lance-grenades, pas avec des drones! Si vous voulez connaitre le prix d'un MRE au marché de Kaboul, il faut aller ici

Monday, April 02, 2007

Mauvaises nouvelles du CERN

Visiblement, des problèmes sérieux sont apparus lors des derniers tests au CERN. Certains aimants supraconducteurs servant à focuser la course des protons à l'entrée des expériences semblent ne pas être stables. Le test consistait à contrôler la résistance de ces "focuseurs" dans le cas où les aimants supraconducteurs perdraient leur qualités supraconductrices et deviendraient "normalement" conducteurs. Dans ce cas, les aimants résisteraient à l'énorme courant de particules passant à travers. Cela provoquerait un dégagement de chaleur. Cette chaleur ferait bouillir l'hélium liquide qui refroidit tous les autres aimants supraconducteurs. Sans refroidissement, les autres aimants perdent leur supraconductivité. Ca provoque une énorme tension (20 fois la pression atmosphérique). Et ça provoque un gros BOUM :



(Photo venant du blog cosmicvariance.com)


On ne connait pas le délai que va induire ces problèmes, mais il est certain que le planning selon lequel les premiers résultats physiques intéressants pouvaient être publiés fin 2008 ne pourra pas être tenu. C'est une très mauvaise nouvelle pour la physique des particules.

Complément: Pour une explication plus politique de la situation, voir cet article du Monde

Thursday, March 29, 2007

LeFigaro: Le Meilleur Croissant de Paris

Le Figaroscope nous explique le dogme parisien du bon croissant et nous donne les bonnes adresses pour les trouver. Malheureusement, ma boulangerie préférées n'est pas dans la liste :( En primeur, vous avez droit à l'interview du vainqueur.

Ce que l'article ne dit pas, c'est que le croissant primé coûte 1,50 Eur, ce qui est beaucoup lorsque l'on connait ma consommation hebdomadaire... (Un croissant ordinaire coûte 0,9 Eur)

Pour la même enquête au sujet des éclairs au chocolat, il faut aller par ici

Wednesday, March 28, 2007

Paris est-il sûr?

En rentrant du Neuf Billards, il faut changer de métro à Châtelet. Le soir, on y trouve sur les quais des SDF émêchés qui interpellent les usagers. Les premières fois, c'est très déstabilisant. Certains peuvent se sentir agressés ou avoir peur. D'autres sont amusés.

Hier au soir, un homme criait à un ami invisible des phrases à peine compréhensibles. Il fallait qu'il "foute le camp" de "son commissariat", qu'il foute le camp de Paris! Après quelques minutes de brouara, deux touristes américaines s'approche en me demandant si je parle anglais. Elle désirait savoir ce que disait cet homme, mi curieuse, mi inquiète. Puis, dans le métro, éloigné du SDF, elle me pose de nouvelles questions. Elle désirait savoir, le guide du Paris gourmant dans les mains, si le métro parisien était sûr. A chacune de mes réponses, elle transmet ma réponse à son amie.

Lorsque je leur explique que le métro est très sûr, je vois son visage se détendre. Mais aujourd'hui, lorsque je lis ce qui s'est passé hier au soir à la Gare du Nord, on peut se demander si je ne leur ai pas menti. Le métro est-il vraiment sûr? Je prends très régulièrement les transports publics la nuit, même depuis Montreuil, dans le fameux 9-3 (lire 9 cube, selon la dernière mode). Jamais, je n'ai ressenti de l'insécurité. Que ce soit à Montreuil, dans le Marais ou dans le 20eme, je n'ai jamais été importuné lorsque je rentrais chez moi, seul dans les rues sombres. Mais peut être est-ce de l'insouciance!?

Wednesday, March 21, 2007

Islamistes Ouzbeques au Pakistan

Deux articles extrêmement intéressants ont été publiés sur le site de la BBC, et dans LeMonde, au sujet de combats entre islamistes dans le Waziristan. Pourquoi en parler ici? Parce que l'une des parties en présence sont des islamistes ouzbèques. Ils sont originaires principalement de la vallée de la Fergana que l'on avait visité il y a trois ans avec Sandra.

La Fergana a toujours été un centre de résistance. Déjà contre les russes tsaristes, puis contre les soviétiques, cette vallée très fertile était le centre de révoltes contre les pouvoirs en place. Après la chute de l'URSS, l'ouzbékistan est devenu indépendant. Depuis lors, il est dirigé par l'ancien commissaire du parti communiste local, un despote au nom d'Islam Karimov. Pendant que le pays voisin, le Tadjikistan tombait dans une guerre civile meutrière, le pouvoir despotique et extrêmement violent de Karimov a laissé l'Ouzbekistan dans une stabilité relative. En face de Karimov, la résistance islamiste était incarné par l'IMO (Mouvement Islamiste d'Ouzbékistan). Après des faits tangibles de terrorisme, la puissance réelle de ce mouvement n'était pas clair. Certains prétendaient que Karimov utilisait l'IMO comme épouvantail pour obtenir l'aide des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme".

C'est dans cette perspective que les articles de la BBC et du monde sont intéressants. Ils montrent que l'IMO existe bel et bien. Après s'être réfugiés en Afghanistan, ils se sont repliés dans le Waziristan après l'intervention américaine. Bien que le nombre de mort dans ces combats ne soit pas clair, Le Monde parle de 80 morts ouzbeks. Cela peut donner un ordre de grandeur sur la grandeur de ce groupe (et de son existence).

Plus généralement, ils montrent des luttes de pouvoir (au minimum) ou des ruptures à l'intérieur de la mouvance islamiste au Pakistan. Peut-être que la tactique pakistanaise donne ses premiers fruits. Mais cette discussion va bien au delà du cadre de ce blog


Tuesday, March 20, 2007

Histoire drôle

A toute heure du jour, lorsque l'on prend le RER, on entend des mendiants. Ce matin, ils étaient trois en dix minutes à se succéder. La plus marrante était la première. Elle fait le speech habituel. Elle a pas d'argent, pas d'allocations, pas de logement. Elle vit à la rue et demande un euro ou un ticket restaurant. Malgré que sa voix nasillarde porte loin, elle le répète inlassablement en avancant dans le wagon. Lorsqu'elle arrive à ma hauteur, un téléphone portable se met à sonner. C'est le sien. Elle répond en faisant partager à tout le wagon sa discussion.

Après 30 secondes, elle raccroche, range son téléphone et continue à avancer dans le wagon en expliquant qu'elle n'a ni argent, ni logement, comme si de rien n'était.

Un fou-rire général s'empare du wagon.

Monday, March 19, 2007

Videos...

Pour de la grâce et de la beauté, allez par ici. voir Eugenia et Ezequiel




Pour une superbe musicalité, c'est Mario et Anabella et c'est par


Friday, March 16, 2007

Où je ne serai pas ce soir

Rencontre du 3e type

Il parait que le jeudi soir est le soir vernissage, dans le Paris rive-droite.

Hier au soir, j'étais invité au vernissage d'une exposition d'art contemporain. Elle avait lieu rive droite, dans la maison où Molière avait vécu. Elle montrait les oeuvres d'artistes arméniens dans le cadre de l'année France-Arménie.

Un physicien peut y apprendre beaucoup de choses. Du vocabulaire déjà. On ne parle pas d'oeuvre, mais de dispositif. Il y a ensuite les adjectifs ou qualificatifs que l'on adjoint aux oeuvres, pardon dispositifs. Contrairement à New York où tout est "great", il est indécent à Paris de dire que l'on aime un dispositif. Au mieux, il est "réussi". Evidemment, on peut en rester aux traditionnels "intéressants", "forts" ou "prenants" qui n'engagent pas trop le visiteur.

On y apprend aussi à parler pour ne rien dire. C'est le plus difficile. Honnêtement, je ne me moquerais plus jamais de ces personnes aux phrases creuses. C'est autant un travail qu'un art. Un galeriste ne fait pas un travail facile. Il faut donner sens à des oeuvres qui n'en n'ont pas. Une phrase ne suffit pas. Il faut de l'emphase et de la profondeur. Il faut du contexte. Prenez des photos verdâtres disposées à même le sol. Mettez un miroir à leur côté. Donner un nom à ce dispositif. La galeriste devra expliquer la manière dont les photos ont été prises et développées. Il faudra ensuite expliquer le tourment de l'artiste et son origine. En gros, son CV psychologique. Psychologiser une oeuvre est une recette éprouvée et efficace. Cela permet de remplir facilement 30 secondes de monologue.

Il y a aussi une mode et un comportement "rive-droite" qu'il faut apprendre. On ne s'improvise pas artiste. Il faut avoir le look et le comportement qui va avec. Il parait que le vernissage d'hier au soir n'était pas représentatif de la "rive-droite-attitude". On y croisait quand même le jeune artiste chic et tourmenté ( shooté? ), la fashion-victime habillée de pied-en-cape dans un mauve voyant ou le pique-assiette qui a rapidement repéré le bar Campari. Toute une faune pour qui les oeuvres- pardon les dispositifs- présentés ne sont qu'un accessoire. Un vernissage est un lieu pour voir et être vu, avec force bises, sourires et compliments.

Il y a enfin la performance. Car tout vernissage qui se respecte doit avoir son happening. Ce peut être de la danse, du bruit ou des sons. C'est grâce à la performance que l'on parlera de l'exposition dans les soirées. Ce soir-là, on est arrivé trop tard pour y assister. A notre arrivée, le happening se résumait à une machine à faire des bulles aux senteurs de mers.

Aujourd'hui, je peux dire que j'ai trouvé un monde parallèle


Wednesday, March 14, 2007

Carrières d'un physicien

J'ai reçu un email d'un ancien collègue m'invitant à son "pot de départ". Il a quitté la physique il y a une année pour des raisons stupides. Il quitte Genève à la fin du mois pour d'excellentes raisons.

Comme une grande majorité des diplômés en physique et une très grande majorité des docteurs en physique en Suisse, il a décidé de passer du côté obscur de la force et de travailler pour une banque très réputée de la city de Londres. Je ne retrouve plus le lien, mais une étude de l'ETH montrait que 60 % des diplômés en physique travaillait ensuite pour une banque ou une assurance. Ensuite venait le consulting et l'informatique. Dans mon entourage direct, cette proportion dépasse allègrement les 60 %. La réflexion est simple: les salaires sont (beaucoup) plus élevés, les recruteurs sont à nos pieds et contrairement au consulting, les conditions de travail sont souvent correctes.

Evidemment, selon que l'on travaille dans la gestion du risque dans la réassurance, ou dans la recherche financière dans une banque, le travail est plus ou moins motivant. Contrairement à la recherche où l'on est quotidiennement confronté à l'inconnu et à la nouveauté, le train-train quotidien, le manque de challenge et la perte d'influence dans la prise de décisions peut être démotivant. Certains abandonnent.

Mais il existe aussi de plus ou moins grandes structures de recherche pure en finance quantitative dans toutes les grandes banques. La plupart se trouve à Londres, mais on peut aussi en trouver à Zurich. Ces groupes formés principalement de mathématiciens s'organisent comme un groupe de recherche en science, mais avec des impératifs de résultats encore plus importants que ce que l'on peut trouver en physique. Emulation, intérêt, dynamisme du travail demandé: c'est le Graal des physiciens déçus.

Tuesday, March 13, 2007

Voyage, voyage...

Ca y est. La folie des voyages tango a commencé. Les festivals pour les semaines à venir sont organisés. Après Bruxelles à la fin du mois, ce sera le long weekend de Pâques à Bâle, puis au mois de juillet à Sitges. L'été se terminera probablement par Stockholm. Il reste encore l'option du festival de Paris en juin , les tangowoche de Zurich et le festival de Moscou en aout. Sans compter un coup de coeur improvisé pour un festival où se trouveront Ezequiel Farfaro et Eugenia

Si on y ajoute mes trois semaines d'armée et mes voyages professionnels à Zurich, Rome, Madrid et peut-être Les Houches, c'est à se demander à quoi me sert mon appartement à Paris.

Monday, March 12, 2007

118218

Un très beau weekend se termine, entre tangasmes au chantier et soleil au Luxembourg. Tout ça grâce au 118218 et à un ipod.

Thursday, March 08, 2007

Actualité en Afghanistan: Allemand tué

Voilà encore un signe que l'Afghanistan ne va pas mieux... Encore un étranger tué en Afghanistan. Cette fois-ci, ça se passe dans Nord, à l'est de Mazar-E-Sharif. Dans cette région entre Herat et Mazar-E-Sharif, c'est le far-ouest. Il y avait bien des troupes norvégiennes à Maimanar, mais elles ont été évacuées lors de l'affaire des caricatures danoises et ne sont plus revenues. On parle beaucoup du sud où les anglais et les américains sont en guerre, mais cette région est aussi extremement dangeureuse. Mais comme il y a très peu d'occidentaux là-bas, on en parle pas.

Si vous voulez avoir une idée de la violence qui a lieu dans cette région, il faut absolument lire le récit de voyage de la personne qui écrit le LonelyPlanet pour l'afghanistan. Son récit (voir l'intervention 466 sur cette page) est édifiant. Pour mettre en relief ce récit, il faut savoir que ce gars n'est pas le premier touriste venu. Pour situer la personne: le soir du 11 septembre 2001, il partageait son diner avec des ministres talibans.



Wednesday, March 07, 2007

Paris, entre menace terroriste et parano...

Systématiquement, lorsque l'on se trouve dans un arrêt de métro, ou dans une gare de RER, une voix féminine nous demande d'être "vigilant ensemble" en regardant autour de nous si des objets ont été laissés à l'abandon. Dans ce cas, elle nous demande d'en avertir immédiatement un agent de la RATP ( qui probablement va appeler la police , qui va appeler Sarkozy, qui a son tour va appeller le RAID ou le GIGN). Cela provoque régulièrement des retards sur certaines lignes, en particuliers la ligne RER B dans la région de la gare du Nord.

De la même manière, lorsque l'on se trouve dans une gare comme celle de la gare de Lyon, il n'est pas rare de trouver des militaires en armes patrouillant sur les quais.

Ces deux phénomènes sont la partie visible d'un plan appellé le plan Vigipirate qui est un plan de vigilance antiterroriste. Elle comporte autant de raisons purement sécuritaires (appel à la vigilance, présence visible et éventuellement réactive d'hommes en armes) que des buts de communication publique (la visibilité des hommes en armes rassure la ménagère de moins de 50 ans).

Lorsque l'on quitte les transports publics, on se trouve dans une certaine ambiance tendue. Les appels et les armes nous rappelle une réalité qui n'est plus celle de la quiétude et de la confiance. En fait, pour être honnête, on en sait rien. On ne sait pas, comme simple citoyen, si la menace est réelle ou si elle est exagérée. Alors lorsque l'on rentre chez soi et lit les journaux ou regarde la TV, on tombe sur des articles parlant de cette menace et de sa recrudescence possible avant les élections (Rappellez-vous Madrid!!). Les experts et les medias! C'est le troisième aspect de cette atmosphère pesante (psychose?). Ils sont présents pour donner du poids aux appels des autorités à la vigilance. Evidemment, il y a autant d'avis que d'experts. Cette cacophonie des opinions rend le sentiment de menace encore plus diffus. Et qui dit confusion dit prudence. Lorsque l'on se sait pas ce qui se passe, on est plutôt tenté d'être prudent. Donc vigilant. La boucle est bouclée.

Cette environnement légèrement oppressant affecte évidemment notre vie quotidienne. Samedi, je suis monté dans une rame de métro de la ligne 1. Au pied d'un pilier se trouvait un sac à dos de montagne et personne autour. Je n'ai pas pu m'empêcher de regarder autour de moi si une personne a un look qui pouvait correspondre à un sac à dos de montagne. Personne. Quelques hommes en cravate, une femme avec son enfant. Personne ne correspond à l'idée que je me fait d'un propriétaire de sac à dos de montagne. En fait, personne ne semble être même préoccupé par ce sac. Mes pulsations montent légèrement. Que faire. Demander s'il appartient à quelqu'un? Actionner l'arrêt d'urgence de la rame ( :) )? Finalement, arrivé à Chatelet, les portes s'ouvrent et je sors de la rame sans rien faire, l'esprit pas totalement rassuré.

Aucune bombe n'a explosé ce jour-là.

On peut se demander où s'arrête la vigilance et où commence l'habitude. Peut-être que ce jour-là, j'aurais pu être en danger. On s'y habitue peut-être, tant que ce danger reste diffus, presque virtuel. Si je vivais en Israel, où le danger est réel, ma réaction aurait sûrement été très différente.

Il y a quelques jours à la mensa, un sac se trouvait sous la table où l'on s'était installé. Un collègue l'a pris et l'a déposé naturellement à quelques mètres de là, sous les yeux amusés d'un invité israélien. Ce dernier nous explique alors que dans son université, ce sac abandonné aurait provoqué l'évacuation de la mensa et l'arrivée des démineurs. On ne vit définitivement pas dans le même monde.

Le danger, entre la réalité et sa perception...

Monday, March 05, 2007

Tango à Genève: Eva

Pour les tangueros à Geneve, voilà une des premières vidéos de tango venant de chez vous... Eva dansant au carrousel du jardin anglais.






Sinon, pour de la danse simplement sublime de fluidité, de musicalité et de sensualité, voilà une vidéo d'Ezequiel Farfaro (le nouveau partenaire d'Eugenia Parilla, mais ici avec Mariana Dragone):

Friday, March 02, 2007

Article du Monde: Postdoc en France

Un article du Monde parle d'un des changements législatifs français concernant les postdocs. Certains d'entre nous ne sont pas payés dans le sens strict du terme. Nous n'avons pas de salaire. Par contre, on nous attribue une bourse, qui peut venir de sources différentes. Les conséquences sont multiples.

D'une part, on est mieux payé. Car les budgets de recherches sont limités. Si on avait un contrat de travail habituel, les charges pour l'employeur seraient telles qu'il devrait embaucher moins de chercheur s'il veut rester compétitif sur le marché international. L'argent ainsi "économisé" est redistribué aux postdocs par des bourses plus importantes.

Le problème est donc la couverture sociale et la retraite. Pour l'assurance maladie, une parade a été trouvée. Elle est trop longue pour être expliquée ici. Le principal, c'est que l'on a une couverture maladie. Cependant, on a aucune retraite. C'est la raison pour laquelle je continue a cotiser au 1er pilier en Suisse et que je pense très fortement à ouvrir un 3eme pilier.

Si on y refléchit, le système de bourse est somme toute une bonne chose. Il permet d'embaucher plus de chercheur à des conditions assez raisonnables. La France peut rester un centre de recherche assez attirant et compétitif. A ce propos, il y a un article moins récent - aussi du Monde - parlant des chercheurs étrangers ayant choisi la France. Pour ceux qui se demandent pourquoi j'ai choisi Paris, vous pouvez aller voir . ;)

Thursday, March 01, 2007

Tangasme

"Le Tangasme, c'est le seul orgasme qui dure trois minutes. "

C'est ce qu'une danseuse genevoise m'avait expliqué un soir.

Cela fait depuis la milonga du Neuf Billard que je tente d'écrire quelques lignes sur le tangasme. Voilà quatre jours que je tente de mettre des mots sur ce moment. Mais je me suis rendu compte que c'est impossible. Car le tangasme, c'est un état second dans lequel le couple, pendant trois minutes se trouve en dehors du temps et de l'espace. Une ex-stase dans laquelle il n'y a qu'elle, lui et la musique. C'est quand le tango est bien plus qu'une danse mais une communion. La milonga, avec les autres couples environnants, n'existe plus. La chaleur moite des corps a disparu. La lumière devient un arrière-fond flou, les murs délimitant la piste semblent avoir été poussés à l'horizon. Il n'y a que cette bulle qui se transporte au delà de la musique. Le tempo semble s'être suspensu dans un éther, la mélodie est un souffle venu d'on ne sait où. Il n'y a plus de pas, ni de figures. Il n'y a qu'un couple dont les corps se trouvent dans une communion parfaite.

Cela dure le temps d'un tango.

Puis il y a l'expiration, quelques secondes après la note finale. Le couple s'habitue lentement à l'attraction terrestre dont ils s'étaient affranchis. L'abrazzo s'ouvre et le couple s'échange un regard de jouissance.

Wednesday, February 28, 2007

Afghanistan: Article du Temps

Voilà un article assez intéressant du Temps sur la situation politique en Afghanistan en ce moment.

Evidemment, c'est un article avec beaucoup d'exagérations et d'amalgames. Par exemple, comment croire un "sondage" dans un pays tel que l'afghanistan?! On téléphone aux gens? Ils ont même pas l'électricité! Mais il met en exergue les problèmes actuels du pays qui semble ne pas aller mieux (doux euphémisme...) depuis 2005.

Thursday, February 22, 2007

Le postdoc, un adolescent scientifique

Cela va faire 5 mois que j'ai comencé mon premier postdoc et les appréhensions commencent à apparaitre. Ca se passe comme un enfant qui sort du douillet cocon familial. Si le doctorat est l'enfance de la recherche, le postdoc est l'adolescence scientifique. On découvre un nouveau monde de beauté et de liberté. On est plus assujetti à une autorité tutélaire. La beauté est celle des discutions avec d'autres adolescents plus ou moins expérimentés. Ils nous amènent à la découverte de nouveaux horizons dont nos parents ne nous ont pas fait sentir le parfum. On sort du carcan familial, on s'enivre de nouvelles théories. Tout est beau, tout est digne de recherche. C'est un tourbillon de nouveauté qui nous fait tourner la tête. Et l'ivresse, on aime ça. L'adolescence, c'est aussi la liberté. Car après avoir découvert de nouveaux horizons, l'adolescent est libre de partir à leur découverte. On commence une centaine de projets, on a des milliers d'idées à défricher. On en a toujours rêvé. Et là, le rêve devient réalité.

C'est la première phase de l'adolescence. Elle est belle et excitante. Mais très rapidement, la seconde phase arrive. Elle est faite de gueule de bois, de choix et de responsabilité. Car toutes les idées d'un adolescent ne sont pas bonnes. Certaines n'ont même pas de sens, mais l'adolescent ne s'en rend pas compte. Après quelques discussions avec les adultes de son nouvel environnement, il remarque qu'il doit en abandonner. Il remarque ensuite qu'une journée n'a que 24 heures. Et que ce temps est trop court pour achever tous les projets. On ne peut pas courir plusieurs lapins en même temps. Il faut donc faire des choix. Se donner des priorités. Le plus difficile pour un adolescent lorsqu'il fait un choix, c'est son manque de maturité. Il doit faire son choix sans savoir s'ils sont les bons.

Cela amène à la responsabilité. Car l''adolescent vit dans une société à laquelle il doit présenter ses travaux. Pour un postdoc, cela s'appelle une publication. Bien qu'il arrive qu'un enfant publie sans coauteur, c'est rare. Cela l'est moins pour un adolescent. Et lorsque l'on publie seul, par définition, il n'y a personne pour controler, conseiller ou corriger. Que ce soit un anglais approximatif, des calculs erronés ou un intérêt limité du sujet de la part de la communauté, face à toutes ces difficultés, l'adolescent scientifique manque d'expérience. Il perd pied, car personne, avant le peer-review, ne lui dira si son travail a de la valeur.


Tel est le paradoxe d'une vie de postdoc. Telle est la vie d'un adolescent scientifique. Excitante et déstabilisante

Tuesday, February 20, 2007

Le Temps: Prosélytisme chrétien au Tadjikistan

On peut le voir comme une continuation de la tradition chrétienne de porter loin la bonne nouvelle ou comme une déstabilisation d'une société traditionnelle déjà fragilisée par une longue guerre civile. C'est à vous de juger. Un article du Temps aborde le sujet du prosélytisme chrétien en Asie centrale, plus particulièrement au Tadjikistan.

J'avais déjà lu quelques articles sur eurasia.org (articles que je ne retrouve plus) parlant de certains aspects controversés de ce prosélytisme. Ils évoquaient, au delà d'une aide "alimentaire" dont parle le Temps, d'argent. De cash. Certaines organisations (ONG?) proposeraient du cash aux personnes prêtent à se convertir. Lorsque l'on sait qu'un instituteur gagne 30 Eur par mois dans le Pamir Tadjik, on peut s'imaginer l'efficacité de la méthode.

Il faut préciser que durant mes deux courts voyages là-bas, je n'ai jamais rencontré de convertis, ni croisé la route de ces ONG chrétiennes. Je ne peux donc pas juger de la réalité du phénomène.

Saturday, February 10, 2007

Genève

Me voilà une fois de plus à Genève. Cette fois-ci, c'est autant pour le tango que pour le travail. Les 60 heures que je passe ici vont être chargées, entre les habituelles séances de travail nocturnes et les nuits de tango

Je ne sais pas si je vais tenir le rythme...

UPDATE: Voilà un weekend intense derrière moi. Le timing a été serré et chaque minute a été utilisée au plus efficace. Les milongas furent belles, grâce à l'organisation de Sarah et Murat, mais aussi grâce à la très bonne musique des DJ Andrei, Simone et Marco et de la salle de la Parf'... Côté boulot, les séances de travail ont été fructueuses. J'en reparlerai une autre fois

Wednesday, February 07, 2007

Travail, compétition et équilibre personnel

L'information est tombée hier. Prise dans un triangle amoureux, une astronaute américaine, amoureuse d'un collègue, a tenté de kidnapper l'amante de son collègue (pour faire très schématique). Cela m'a fait penser à ce qui s'est passé il y maintenant 4 ans dans mon ancien travail.

Cette femme était probablement brillante. Elle a dû passer une série de tests la sélectionnant parmi un groupe de personnes hors du commun. Il est probable que devenir astronaute était un rêve pour elle. Pour atteindre ce but, elle a concentré ses efforts en direction de ce but ultime. Dès un jeune âge, les priorités étaient claires. Devenir astronaute. Il fallait être physiquement au top, intellectuellement hors norme. Il fallait prouver qu'elle était la meilleure. Ce genre de choix, lorsqu'ils mènent au cénacle, s'accompagne très souvent de sacrifices. Les "boyfriends" n'étaient peut-être pas sa priorité, ni la vie sociale faite de sorties et d'amis. Une vie en direction de la perfection professionnelle se fait souvent au détriment d'une vie affective ou sociale.

Et lorsque les années passent et que certains de ses buts sont atteints, ou que les priorités changent, les choses peuvent se compliquer. On a sauté une étape de son apprentissage. On peut être un génie en aéronautique et ne rien comprendre aux relations humaines. Et lorsque l'on se permet une vie affective ou sociale, on se trouve en décallage avec son environnement. On ne sait pas comment agir car on a jamais "appris" comment le faire. Quand on a jamais été adolescent, on ne sait pas être un adulte

Bien que la personne soit formée intellectuellement et physiquement, ce déséquilibre peut amener à des manques affectifs ou sociaux. Je ne sais honnêtement rien de cette astronaute. Mais elle rentre parfaitement dans cette catégorie de personnes que l'on peut trouver dans les domaines de pointe où la compétition est rude, que ce soit le sport, les sciences ou l'aéronautique. Il y a quatre ans, un jeune et brillant physicien a découvert que la vie ne se résumait pas à son travail. Il est parti à la découverte du monde qu'il avait ignoré pendant 24 ans. Contrairement à la physique où tout est fait de preuves et de logique, les relations humaines ne peuvent pas être totalement maitrisées. Il a donc perdu pied. Il nous a quitté. Sa rapide descente aux enfers avait beaucoup marqué son entourage.

Cette femme astronaute m'a rappellé ces moments douloureux. A B.

Tuesday, February 06, 2007

Pub I: MuSaCa, Le marathon tango de Genève

Un weekend spécial se prépare à Genève. Pour tous les amoureux et autres addicts de tango, pour pourrez vous rencontrer à la Parf' vendredi et samedi soir pour deux longues nuits de danse. Vous pourrez aussi admirer et vous inspirer de Judith et Christophe, un couple de vrais pédagogues du tango.

Plus d'infos sur le site de MuSaCa: http://musaca.nabix.net/index.php

Pub II: Jazz à Paris

le saxophoniste Nicolas Masson et le pianiste Kris Davis joueront les 14 et 15 février, aux 7 lézards, dans le 4e arrondissement.

Monday, February 05, 2007

Le blog n'est plus à la mode

C'est en tout cas ce que Le Temps nous annonce... Moi qui croyais être "in" avec celui-ci...

Thursday, February 01, 2007

Politique française et autocensure?

Chirac a donné une interview au New York Times, au Herald Tribune et au Nouvel Observateur. Il y parle entre autres de la bombe iranienne en faisant de fortes déclarations. Il est marrant de lire les différents compte-rendus des différents journaux. Tandis que le NouvelObs donne simplement la phrase qui a échappé à Chirac, le New York Times la met en perspective en parlant de son état physique. Ils parlent à mots à peine couverts de sa maladie:

"In the first interview, which took place in the late morning, he appeared distracted at times, grasping for names and dates and relying on advisers to fill in the blanks. His hands shook slightly. When he spoke about climate change, he read from prepared talking points printed in large letters and highlighted in yellow and pink."

La différence de traitement est manifeste. C'est intéressant de voir comment les journaux français semblent s'auto-censurer sur l'état de santé de leur président et sur ses phrases assassines.


Wednesday, January 31, 2007

Vol

Histoire insolite lue dans libération: Une femme retrouve son portable volé grâce aux SMS envoyés au voleur... Peut être que le fils de Sarkozy aurait dû utiliser la même méthode...

Tuesday, January 30, 2007

Spiegel-Online: Tajikistan

Si vous comprenez l'allemand et voulez avoir une impression de l'aventure que peut être un trajet de taxi entre la capitale du Tajikistan Dushambe et la frontière afghane, vous pouvez écouter le podcast du Spiegel-Online. On s'y croirait.

Saturday, January 27, 2007

Malade à Paris, que faire?

Imaginez la situation. Pendant quatres mois, le rythme fou de boulot, métro, tango, dodo était tel que votre appartement n'a été qu'un pied à terre. Tout au plus, il servait à dormir quelques heures par nuit, se doucher, laver et sécher ses habits. A peine si le vitrocéram avait été utilisé. Mis à part les heures de sommeil, vous y restiez à peine une ou deux heures par jour.

Puis arrive le jour où malgré votre forte constitution montagnarde, vous tombez à tel point malade que vous devez renoncer au tango, mais aussi à la traditionnelle visite des quartiers parisiens. Vous devez rester à la maison. Que faire?




Déjà, en rentrant du bureau où vous avez remarqué que votre maux de tête vous empêchent de travailler, il faut passer au supermarché du coin. Achetez-y une réserve de miel et de thé. Faites un stock de nourriture pour tenir le siège (biscuits, chocolats, cacahuètes, pizza ect...). En rentrant chez vous, passez à la FNAC, ou au vidéoclub pour y prendre tous les films stupides que vous y trouverez. N'oubliez pas de varier les plaisirs. Aux films de guerre, il faut faire suivre les films tire-larmes. (Evidemment, si votre voisin a une connexion wifi haut-débit, vous pouvez remplacer le videoclub par Youtube ou votre Torrent préféré). Arrêtez-vous enfin à votre boulangerie. Les croissants y sont délicieux.

Une fois cloitré chez vous, chauffez-vous votre première tasse de thé au miel puis allumez votre ordinateur. Faites-vous une liste de film à voir et installez-vous confortablement (car vous allez y rester de longues heures). Mon choix s'est porté sur NCIS pour les flics et l'armée, Grey's anatomy pour les larmes et tous les episodes des Guignols depuis octobre pour le rire.

Le problème avec les séries américaines, c'est qu'il faut suivre les intrigues. Vous saviez, vous, que Izzie n'était plus avec Alex dans la troisième saison? Et que Kate avait été tuée par Ari à la fin de la 3e saison, et qu'elle a été remplacée dans la 4e saison par une agente du Mossad, Zavi, qui est aussi la demi-soeur d'Ari? Difficile tout ça...

Si vous voulez quand même avoir un minimum de contact avec l'extérieur, ouvrez Skype ou MSN. On vous donnera de bons conseils une fois que votre stock d'épisodes de Grey's NCIS sera épuisé. Mais il est essentiel d'éteindre votre portable. Car il y a une loi universelle, la loi de Murphy, qui s'applique dans ce cas. Vous pouvez être certain à partir de 20h18 le samedi soir, vous recevrez trois appels successifs des trois femmes avec lesquelles vous adorez danser. Il faudra leur expliquer que votre ORL vous déconseille le tango. Et vous allez le regretter.


Thursday, January 25, 2007

La méditéranée

Forest Gump aurait pu le dire: un resto, c'est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

Installez-vous Place de L'Odéon, à St-Germain. Désignez une femme dont le seul rôle est de récolter les manteaux et de se souvenir de chacun des propriétaires. Mettez-lui des chaussures au rouge aussi vif que son chouchou. Ajoutez-y un serveur à la cravatte violette qui ne connait rien aux vins de la carte sous prétexte que "le sommelier est en congé le lundi". Prétextez que Cocteau adooorait cet endroit pour égayer les cartes d'un dessin de l'artiste et pour décorer les murs de fresques de théâtres d'un graaand ami de ce dernier. Accrochez-y des photos noir-blancs d'artistes visiblement illustres. Décrivez finalement vos plats de noms poétiques, en français comme en anglais.

Une fois que ces ingrédients sont réunis, vous pourrez augmentez les prix de manière indigeste. Vous pourrez ensuite couronner votre réussite d'une soupe fade et d'un thon trop cuit.

Sur ce coup-là, on est mal tombé.

L'adresse vous intéresse quand-même?


Wednesday, January 24, 2007

Enfin!

La neige est arrivée sur le plateau de Saclay. Rien de bien méchant et sûrement pas de quoi faire un bonhomme de neige. Mais ça et ma "crève" carabinée indiquent sans ambiguité que l'hiver est enfin arrivé!

Monday, January 22, 2007

Un weekend tout pourri

On l'a élue la milonga la plus pourrie de la saison. Une heure de musique à endormir un cocaïnomane pour tuer l'ambiance. Très peu de danseuses. Alors la plupart des gens sont parti. Alors quand la musique s'est améliorée, plus personne ne voulait danser. Aucune dynamique. On a donc passé la soirée au bar à se lamenter de cette soirée toute pourrie. Les rares tentatives pour sauver la nuit ont été catastrophiques et se sont terminées par trois-danses-puis-un-merci. La milonga du vendredi soir au Latina n'était pas mieux. Je n'y suis resté qu'un peu plus d'une heure. Alors dimanche, à l'heure de décider à quelle milonga aller, je suis resté dans mon lit. Aucune envie de passer une troisième soirée pourrie en trois jours.

Friday, January 19, 2007

ByeBye Genève

Voilà ma semaine à Genève bientôt terminée. Elle fut très chargée. Entre des journées intensives où les cours et les workshops se sont enchaînés aux séances de travail nocturnes et les soirées festives rythmées par les parties de Jass, les fondues et les milongas genevoises, le temps a passé très vite.

J'ai pu voir la plupart de mes amis restés à Genève. Ca fait du bien de revenir dans un environnement connu, apprivoisé. Comme quoi même un valaisan du monde peut se sentir chez soi à Genève... Les fondues des Bains des Pâquis sont toujours aussi bonnes. Mariela accueille ses milongueros toujours aussi chaleureusement. Rien n'a changé.

Mais tout a changé. J'ai vécu dans un hôtel qui était situé à 300 m de l'appartement où j'ai vécu pendant 5 ans. Mon bureau au CERN est occupé par une personne que je ne connais pas. Il se l'est apprivoisé en y mettant ses photos de vacances. Je ne suis plus chez moi, mais invité chez quelqu'un d'autre. Impression étrange.

Dans quelques semaines, je serai à Zurich pour devenir officiellement Dr. Sc. Nat. ETH. J'espère y revoir mes amis, en particulier celle qui m'a quitté par bateau un jour de septembre. Là-bas aussi, j'ai beaucoup de temps à rattraper. Mais je crains que là-bas aussi, il soit trop tard et que ce ne soit plus chez moi.





Friday, January 12, 2007

De retour à Genève

A l'occasion d'une école-workshop , je reviens au CERN pour une semaine. Ce sera étrange de revenir à Genève, mais de vivre à l'hôtel. J'en profiterai pour revoir des amis, danser à nouveau au coin du feu de l'Arquebuse et de découvrir la practica de Sarah.

Mon avion part demain matin tôt. Je vais donc danser toute la nuit au Latina, puis à boire un chocolat viennois dans le Marais en attendant le premier bus vers Orly.

Tuesday, January 09, 2007

Deux Génies II

Le deuxième génie rencontré est un danseur de tango. Il est considéré par certains comme le précurseur et le leader de la vague du néo-tango (nuevo tango... mais pas celui de Piazzolla). La légende veut qu'il ait redécouvert le tango avec Gustavo Naveira, Fabian Salas et d'autres lors de practica hebdomadaires à la fin des années 1990. Il s'appelle Mariano Frumboli, aussi appellé "chicho" à cause son embonpoint.

C'est son look qui nous a donné l'idée du mot tangooligan. Car avec ses chaussures montantes, ses tatouages et ses piercing, il semble plus être un hooligan qu'un danseur. Cependant, il est de ceux qui ont révolutionné le tango en ouvrant de nouveaux horizons. Sa compréhension de l'espace et des corps a permi la création de mouvements novateurs et une approche différente de cette danse traditionnelle, voir traditionnaliste. Pour quelques exemples de son style, voilà une liste pas exhaustive des vidéos de ses improvisations sur youtube

Tango Electronique
Tango traditionnel
Milonga
Valse

Ce weekend, il a donné un stage intensif (12 heures de cours en 4 jours) au Chantier. Grâce à la durée du stage, Chicho a pu communiquer son approche au tango. Tout semble simple lorsqu'on le voit danser. Ses gestes et son marquage sont minimaux, mais les effets sur la danseuse et sur la danse sont maximaux. Tout semble simple lorsqu'il danse, mais lorsque l'on doit effectuer les mêmes pas, tout se complique ;) Sa compréhension profonde de la musique, mais aussi des deux corps qui forment un couple de danseurs se ressent dans sa danse. En même temps, il s'amuse. Il décidait sur le moment quel mouvement il allait nous apprendre, après un rapide essai avec sa partenaire. Si le mouvement choisi lui plaisait, on pouvait lire sur son regard la satisfaction d'un enfant devant son nouveau jouet. Tout est simple, sophistiqué et ludique. Sa créativité semble sans limite, sa musicalité est toujours inspirée.

C'est un génie.

Deux Génies

Ces deux derniers jours, j'ai eu la chance de rencontrer deux génies dans les deux passions qui rythment ma vie.

Le premier est un génie de la physique. Ou plutôt un génie des mathématiques et de la physique. Il est un des rares scientifiques qui maitrise le langage des physiciens et celui des mathématiciens. De plus, il possède une connaissance tellement approfondie de ces deux domaines que ses idées tendent au génie. Il s'appelle Alain Connes. C'est un scientifique français issu de la plus fine tradition de ce pays pour les mathématiques. Médaille Field pour sa découverte des géométries non-commutatives, il travaille toujours sur les questions les plus fondamentales de la physique. C'est pour ses derniers travaux qu'il a été invité à parler à l'Ecole Polytechnique ce lundi.

A quoi reconnait-on un génie lorsqu'on en voit un? Premièrement, il explique ses idées avec une telle clarté et simplicité que l'on se dit que l'on aurait pu avoir la même idée. Mais en même temps, lorsque l'on étudie ses travaux, on y découvre une sophistication des techniques et une profondeur des idées si grande que l'on ne peut que s'incliner. Une deuxième caractéristique du génie, c'est la lueur dans ses yeux. Lorsqu'un génie parle de ses idées, ses yeux s'illuminent comme ceux d'un enfant heureux de son jouet et ceux d'un adulte fier de son accomplissement. Enfin, au delà du jeux et de l'accomplissement, il y a toujours la passion et l'enthousiasme communicative.

Ces trois caractéristiques étaient présentes lors du séminaire d'Alain Connes. Plus encore, comme il savait que la moitié de l'auditoire était composée de mathématiciens, il doublait ses arguments. Pour chacune de ses idées, il donnait une explication dans le langage des physiciens, puis dans celui des mathématiciens. Impressionnant!

suite au prochain post...

Sunday, January 07, 2007

2007

Ce blog a été mis en veille pendant quelques semaines. D'abord parce que je n'étais pas à Paris et que j'ai pu rencontré une partie d'entre vous. Il n'y avait donc pas de sens que je m'épande ici sur des choses que vous connaissiez déjà. Ce blog a aussi été mis en veille car je ne savais pas si j'avais envie de continuer à écrire. Certains m'ont reproché que je ne parlais pas assez de moi, ou que je ne parlais pas assez bien, ou même que je ne parlais pas assez.

Ce blog est bien le mien, c'est un fait. Mais ce n'est pas pour autant que je parle de ma personne. L'idée de ce blog dès le départ était de parler de mes aventures et non de moi. Un "je" constant est aussi inpudique qu'inintéressant. Le sujet de mon blog n'est donc pas ma petite personne, mais mes passions. J'avais envie de vous faire partager mes bonheurs. Ceux que je peux trouver dans le tango, dans la physique, mais aussi la découverte de la ville lumière ou dans les voyages. C'est pour ça que le titre de ce blog est "La physique, le blog et Paris". Dans ce blog, j'avais aussi envie de vous faire partager ce qui m'a fait sourire, pleurer ou réfléchir dans les nombreux articles de journaux que je lis chaque matin. Parfois, ça parle de tueurs de chats à Orsières, d'autres fois de talibans afghans. Ca peut être aussi futile que les aventures d'un usager de la RATP comme aussi grave qu'une guerre en Irak. Voilà ce qu'est ce blog: un mélange de léger et de sérieux, de danses, de science et de voyages. Tout cela passant par le filtre de ma bouche.

Que ma bouche ne soit pas celle d'un poète, n'étonnera personne. Je n'ai pas l'ambition d'être le reporter des aventures d'un suisse à Paris. La qualité de mon écriture est celle qu'elle est. Celle d'un physicien qui ne se rappelle plus quel est le dernier livre qu'il a lu.

Finalement, c'est possible que je ne poste pas régulièrement de messages. La raison est simple et triste en même temps: ma vie n'est pas assez trépidante pour meubler un blog quotidien.

Alors voilà. Je vais garder ce blog encore ouvert. Je ne sais pas quand le prochain post sera écrit. Mais si vous voulez partager mes passions, vous y êtes les bienvenus.

Bonne année 2007