Thursday, April 05, 2007

Festival de Tango de Bruxelles

Ce weekend a eu lieu le Festival de Tango de Bruxelles. Malheureusement, sa réputation auprès des danseurs parisiens était un peu surfaite. La faute aux DJs. Car les lieux étaient magnifiques, en particuliers le théâtre de Vaudeville dans la galerie de la Reine. Les soirées du vendredi et du samedi furent plombées par une musique lente, monotone et sans rythme. Par chance, DJ Tomasso fit un très bon travail le dimanche. Un lieu magnifique, un très bon DJ sont les secrets d'une belle soirée. Cela suffit pour que l'on danse de 22h à 4h du matin sans interruption. Certaines musiques et les danses qui y sont associées sont si intenses que l'on ne veut pas quitter sa partenaire. Une tenda, deux tendas, puis une série de valse, et encore je-ne-sais-combien de tendas. On s'enivre de la mélondie et de l'endroit. On se perd dans l'abrazzo d'une danseuse. Une inconnue devient une confidente, le temps de quelques tangos. La danse est si parfaite que le tango se transcende en une communication exclusive et évidente.

C'est pour ce genre de moments qu'un festival reste un moment unique. Quelques instants peuvent sauver un weekend. Car un festival est une rencontre difficile. On y connait souvent peu de personnes. Il faut donc se trouver des critères pour choisir les danseuses que l'on va inviter. L'idéal serait évidemment de les voir danser. Mais cela prend du temps: en début de festival, cette méthode n'est pas applicable. Il faut donc y aller à l'aveugle. Souvent, on s'aide de détails significatifs chez la femme. Les chaussures en font partie. Selon la hauteur et la beauté des chaussures, on peut estimer l'expérience d'une danseuse: de nos jours, il est de plus en plus rare pour une femme de porter des talons au quotidien. Par conséquent, de basses chaussures fermées trahit souvent une débutante.

Evidemment, les quelques trucs à notre disposition ne sont pas infaillibles. Il y a donc de fortes chances que les premières danses se soient pas les meilleures. Alors après quelques tangos plus ou moins fructueux, au hasard des rencontres au bar, les hommes s'échangent des conseils. Les femmes à éviter, celles à inviter. C'est ce qui rend un festival de tango cruel.

Mais plus le festival avance, plus les gens se reconnaissent. La qualité des danses s'améliore. A la fin du festival, on aura peut être rencontré trois, quatre ou six (si l'on est chanceux) danseuses avec lesquelles la communication a bien passé. Avec chacune d'entre elles se sera installé un dialogue différent. Contrairement aux milongas locales où les gens se connaissent et les nouveautés sont rares, le festival donne la possibilité d'aller à la découverte de trois, quatre ou six nouvelles sensibilités et manières de danser. On aura découvert autant de nouveaux univers. C'est ce qui rend un festival de tango magique.

Dès demain, je serai au Festival de tango de Bale.

1 comment:

Anonymous said...

Bonjour,

Je parcours de temps en temps votre blog. C'est un peu bizarre pour moi de le lire, c'est un peu comme ouvrir un journal intime dont on aurait trouvé la clef par hazard. Je suis un danseur comme vous et on se croise certainement régulièrement dans les milongas Parisiennes. Juste pour vous dire que j'aime vous lire parce que pour moi il est rare que dans une milonga on puisse échanger nos impressions entre hommes, du moins des impressions aussi détaillés que les votres. Il est vrai que la plupart du temps on danse ou on cherche une partenaire.
Bon festival !

Fatango