Il parait que le jeudi soir est le soir vernissage, dans le Paris rive-droite.
Hier au soir, j'étais invité au vernissage d'une exposition d'art contemporain. Elle avait lieu rive droite, dans la maison où Molière avait vécu. Elle montrait les oeuvres d'artistes arméniens dans le cadre de l'année France-Arménie.
Un physicien peut y apprendre beaucoup de choses. Du vocabulaire déjà. On ne parle pas d'oeuvre, mais de dispositif. Il y a ensuite les adjectifs ou qualificatifs que l'on adjoint aux oeuvres, pardon dispositifs. Contrairement à New York où tout est "great", il est indécent à Paris de dire que l'on aime un dispositif. Au mieux, il est "réussi". Evidemment, on peut en rester aux traditionnels "intéressants", "forts" ou "prenants" qui n'engagent pas trop le visiteur.
On y apprend aussi à parler pour ne rien dire. C'est le plus difficile. Honnêtement, je ne me moquerais plus jamais de ces personnes aux phrases creuses. C'est autant un travail qu'un art. Un galeriste ne fait pas un travail facile. Il faut donner sens à des oeuvres qui n'en n'ont pas. Une phrase ne suffit pas. Il faut de l'emphase et de la profondeur. Il faut du contexte. Prenez des photos verdâtres disposées à même le sol. Mettez un miroir à leur côté. Donner un nom à ce dispositif. La galeriste devra expliquer la manière dont les photos ont été prises et développées. Il faudra ensuite expliquer le tourment de l'artiste et son origine. En gros, son CV psychologique. Psychologiser une oeuvre est une recette éprouvée et efficace. Cela permet de remplir facilement 30 secondes de monologue.
Il y a aussi une mode et un comportement "rive-droite" qu'il faut apprendre. On ne s'improvise pas artiste. Il faut avoir le look et le comportement qui va avec. Il parait que le vernissage d'hier au soir n'était pas représentatif de la "rive-droite-attitude". On y croisait quand même le jeune artiste chic et tourmenté ( shooté? ), la fashion-victime habillée de pied-en-cape dans un mauve voyant ou le pique-assiette qui a rapidement repéré le bar Campari. Toute une faune pour qui les oeuvres- pardon les dispositifs- présentés ne sont qu'un accessoire. Un vernissage est un lieu pour voir et être vu, avec force bises, sourires et compliments.
Il y a enfin la performance. Car tout vernissage qui se respecte doit avoir son happening. Ce peut être de la danse, du bruit ou des sons. C'est grâce à la performance que l'on parlera de l'exposition dans les soirées. Ce soir-là, on est arrivé trop tard pour y assister. A notre arrivée, le happening se résumait à une machine à faire des bulles aux senteurs de mers.
Aujourd'hui, je peux dire que j'ai trouvé un monde parallèle
Hier au soir, j'étais invité au vernissage d'une exposition d'art contemporain. Elle avait lieu rive droite, dans la maison où Molière avait vécu. Elle montrait les oeuvres d'artistes arméniens dans le cadre de l'année France-Arménie.
Un physicien peut y apprendre beaucoup de choses. Du vocabulaire déjà. On ne parle pas d'oeuvre, mais de dispositif. Il y a ensuite les adjectifs ou qualificatifs que l'on adjoint aux oeuvres, pardon dispositifs. Contrairement à New York où tout est "great", il est indécent à Paris de dire que l'on aime un dispositif. Au mieux, il est "réussi". Evidemment, on peut en rester aux traditionnels "intéressants", "forts" ou "prenants" qui n'engagent pas trop le visiteur.
On y apprend aussi à parler pour ne rien dire. C'est le plus difficile. Honnêtement, je ne me moquerais plus jamais de ces personnes aux phrases creuses. C'est autant un travail qu'un art. Un galeriste ne fait pas un travail facile. Il faut donner sens à des oeuvres qui n'en n'ont pas. Une phrase ne suffit pas. Il faut de l'emphase et de la profondeur. Il faut du contexte. Prenez des photos verdâtres disposées à même le sol. Mettez un miroir à leur côté. Donner un nom à ce dispositif. La galeriste devra expliquer la manière dont les photos ont été prises et développées. Il faudra ensuite expliquer le tourment de l'artiste et son origine. En gros, son CV psychologique. Psychologiser une oeuvre est une recette éprouvée et efficace. Cela permet de remplir facilement 30 secondes de monologue.
Il y a aussi une mode et un comportement "rive-droite" qu'il faut apprendre. On ne s'improvise pas artiste. Il faut avoir le look et le comportement qui va avec. Il parait que le vernissage d'hier au soir n'était pas représentatif de la "rive-droite-attitude". On y croisait quand même le jeune artiste chic et tourmenté ( shooté? ), la fashion-victime habillée de pied-en-cape dans un mauve voyant ou le pique-assiette qui a rapidement repéré le bar Campari. Toute une faune pour qui les oeuvres- pardon les dispositifs- présentés ne sont qu'un accessoire. Un vernissage est un lieu pour voir et être vu, avec force bises, sourires et compliments.
Il y a enfin la performance. Car tout vernissage qui se respecte doit avoir son happening. Ce peut être de la danse, du bruit ou des sons. C'est grâce à la performance que l'on parlera de l'exposition dans les soirées. Ce soir-là, on est arrivé trop tard pour y assister. A notre arrivée, le happening se résumait à une machine à faire des bulles aux senteurs de mers.
Aujourd'hui, je peux dire que j'ai trouvé un monde parallèle
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