Ca y est, j'ai à nouveau mangé une branche Cailler. Me voilà confortablement installé au Café Gruetli à Genève. Mon avion a atterit ce matin à l'aéroport de Coitrin. Il me reprendra dans dix jours. Entre temps, je me réjouis de revoir ceux que j'ai quitté il y a maintenant trois mois. De pouvoir leur raconter tout ce que l'on ne peut pas dire dans un blog, mais aussi de savoir ce qu'ils sont devenus.
C'est aussi l'occasion de me retourner et de faire le bilan des trois premiers mois de vie parisienne. C'était le 30 septembre à 12h57 que j'étais parti de Genève, avec mes deux valises et mon sac à dos remplis d'habits et de livres. J'avais laissé derrière moi des affaires administratives pas du tout règlées, un appartement qui me posera encore des problèmes plus tard, un doctorat que je venais de défendre et surtout plus de quatre ans de ma vie. J'étais parti pour une aventure à moitié convaincante.
C'était donc lesté de doutes et de scepticisme que j'étais arrivé ce samedi à la gare de Lyon, non pas comme touriste, mais comme nouveau parisien. Pour ne pas trop penser à celle qui avait quitté Genève en bateau la matin même, je me suis embarqué dans une vie haletante qui a commencé le soir même au Chantier. C'était la première soirée du Nouveau Chantier. J'y retrouvais tous les visages de ceux rencontrés à Sitges ou à Sisteron. Etranger, je me sentais chez moi. Je n'ai pas pris le temps de changer de vie. Tout s'est enchainé dans un rythme effréné. Les milongas quotidiennes, la recherche d'appartement, la publication de mes anciens travaux, la recherche de nouveaux travaux. Mes journées et mes nuits étaient à ce point remplies que le premier mois se déroula sans que je m'en rende vraiment compte. J'étais pris dans le tourbillon de la vie parisienne.
Il y a d'abord la vie professionnelle. Paris, et en particulier mon laboratoire, est un lieu propice à la recherche scientifique. La concentration d'excellents chercheurs d'horizons différents, ainsi que leur curiosité forme un environnement productif. Les discussions ouvrent de nouveaux champs de possibles. Elles excitent l'imagination et sature mon esprit d'idée qu'il faudrait explorer. J'ai de multiples envies d'études et de directions de recherche. C'est dans ces moments que je comprends pourquoi j'aime mon travail. C'est dans cette curiosité, cette envie de comprendre ce qui m'entoure, de défricher des territoires inconnus que je puise ma passion pour la physique. Je suis libre de mes choix et j'aime ça. Un monde s'ouvre à moi et je suis impatient de le découvrir. Ces trois premiers mois ont donc été une période de renouvellement de ma passion. J'ai retrouvé cette flamme qui s'était réduite qu'à de faibles braises durant les dernières années.
Il y a aussi d'autres passions que l'on peut assouvir à Paris. Les différentes expositions ou films dont on peut profiter ici sont une ode aux voyages. D'autant plus que Judith a maintenant montré la voix en partant pour Damas. Mon envie de découvrir ou approndir ma connaissance de contrées lointaines ne s'est qu'aiguisée.
Et il y a le tango. Je ne sais pas si Paris est la capitale du tango européen. Ca m'est égal. Je sais pas contre que Paris est un régal pour tout tanguero. Il est si agréable de voir tant de bons danseurs et de pouvoir danser avec tant de bonnes danseuses que l'on s'y perd. Le "9 billard" s'enchaine avec le "latina", le "Chantier", le "Bahia blanca", "florida" ou le "tango des reines". On y danse, on y pratique, on y regarde et on y rencontre. Chaque jour à ses milongas et ses practicas. C'est une valse à milles temps qui nous fait tourner la tête. Mais on aime ça. Les valses s'enchainent aux tangos et aux milongas. Les boléos volent, les tours virevoltent. Il m'a fallu presque deux mois pour me calmer. Maintenant, je ne vais plus danser que quatre fois par semaines.
En général, malgré des rateaux mémorables, des frustrations habituelles, mon déménagement à Paris a été facilité par le tango. Car déménager dans un monde inconnu, où l'on a rien à quoi s'accrocher n'est pas simple. Oui, je parle la langue et la culture française est un peu la culture suisse. Je ne suis pas sur la lune. Il n'empêche. Il n'est pas facile d'être dans une ville nouvelle. Il faut se l'assimiler, se la faire sienne. Il faut que ses rues soient les siennes, de se retrouver dans ses bistrots, ses ruelles. Paris n'est pas encore mien, loin s'en faut. Mais le tango m'a permis de me sentir moins étranger à Paris.
Voilà pour des premières impressions à chaud, l'emballage vide de ma branche Cailler à mes côté et le parc des Bastions à deux pas.
C'est aussi l'occasion de me retourner et de faire le bilan des trois premiers mois de vie parisienne. C'était le 30 septembre à 12h57 que j'étais parti de Genève, avec mes deux valises et mon sac à dos remplis d'habits et de livres. J'avais laissé derrière moi des affaires administratives pas du tout règlées, un appartement qui me posera encore des problèmes plus tard, un doctorat que je venais de défendre et surtout plus de quatre ans de ma vie. J'étais parti pour une aventure à moitié convaincante.
C'était donc lesté de doutes et de scepticisme que j'étais arrivé ce samedi à la gare de Lyon, non pas comme touriste, mais comme nouveau parisien. Pour ne pas trop penser à celle qui avait quitté Genève en bateau la matin même, je me suis embarqué dans une vie haletante qui a commencé le soir même au Chantier. C'était la première soirée du Nouveau Chantier. J'y retrouvais tous les visages de ceux rencontrés à Sitges ou à Sisteron. Etranger, je me sentais chez moi. Je n'ai pas pris le temps de changer de vie. Tout s'est enchainé dans un rythme effréné. Les milongas quotidiennes, la recherche d'appartement, la publication de mes anciens travaux, la recherche de nouveaux travaux. Mes journées et mes nuits étaient à ce point remplies que le premier mois se déroula sans que je m'en rende vraiment compte. J'étais pris dans le tourbillon de la vie parisienne.
Il y a d'abord la vie professionnelle. Paris, et en particulier mon laboratoire, est un lieu propice à la recherche scientifique. La concentration d'excellents chercheurs d'horizons différents, ainsi que leur curiosité forme un environnement productif. Les discussions ouvrent de nouveaux champs de possibles. Elles excitent l'imagination et sature mon esprit d'idée qu'il faudrait explorer. J'ai de multiples envies d'études et de directions de recherche. C'est dans ces moments que je comprends pourquoi j'aime mon travail. C'est dans cette curiosité, cette envie de comprendre ce qui m'entoure, de défricher des territoires inconnus que je puise ma passion pour la physique. Je suis libre de mes choix et j'aime ça. Un monde s'ouvre à moi et je suis impatient de le découvrir. Ces trois premiers mois ont donc été une période de renouvellement de ma passion. J'ai retrouvé cette flamme qui s'était réduite qu'à de faibles braises durant les dernières années.
Il y a aussi d'autres passions que l'on peut assouvir à Paris. Les différentes expositions ou films dont on peut profiter ici sont une ode aux voyages. D'autant plus que Judith a maintenant montré la voix en partant pour Damas. Mon envie de découvrir ou approndir ma connaissance de contrées lointaines ne s'est qu'aiguisée.
Et il y a le tango. Je ne sais pas si Paris est la capitale du tango européen. Ca m'est égal. Je sais pas contre que Paris est un régal pour tout tanguero. Il est si agréable de voir tant de bons danseurs et de pouvoir danser avec tant de bonnes danseuses que l'on s'y perd. Le "9 billard" s'enchaine avec le "latina", le "Chantier", le "Bahia blanca", "florida" ou le "tango des reines". On y danse, on y pratique, on y regarde et on y rencontre. Chaque jour à ses milongas et ses practicas. C'est une valse à milles temps qui nous fait tourner la tête. Mais on aime ça. Les valses s'enchainent aux tangos et aux milongas. Les boléos volent, les tours virevoltent. Il m'a fallu presque deux mois pour me calmer. Maintenant, je ne vais plus danser que quatre fois par semaines.
En général, malgré des rateaux mémorables, des frustrations habituelles, mon déménagement à Paris a été facilité par le tango. Car déménager dans un monde inconnu, où l'on a rien à quoi s'accrocher n'est pas simple. Oui, je parle la langue et la culture française est un peu la culture suisse. Je ne suis pas sur la lune. Il n'empêche. Il n'est pas facile d'être dans une ville nouvelle. Il faut se l'assimiler, se la faire sienne. Il faut que ses rues soient les siennes, de se retrouver dans ses bistrots, ses ruelles. Paris n'est pas encore mien, loin s'en faut. Mais le tango m'a permis de me sentir moins étranger à Paris.
Voilà pour des premières impressions à chaud, l'emballage vide de ma branche Cailler à mes côté et le parc des Bastions à deux pas.
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