Wednesday, December 20, 2006

Après 3 mois à Paris

Ca y est, j'ai à nouveau mangé une branche Cailler. Me voilà confortablement installé au Café Gruetli à Genève. Mon avion a atterit ce matin à l'aéroport de Coitrin. Il me reprendra dans dix jours. Entre temps, je me réjouis de revoir ceux que j'ai quitté il y a maintenant trois mois. De pouvoir leur raconter tout ce que l'on ne peut pas dire dans un blog, mais aussi de savoir ce qu'ils sont devenus.

C'est aussi l'occasion de me retourner et de faire le bilan des trois premiers mois de vie parisienne. C'était le 30 septembre à 12h57 que j'étais parti de Genève, avec mes deux valises et mon sac à dos remplis d'habits et de livres. J'avais laissé derrière moi des affaires administratives pas du tout règlées, un appartement qui me posera encore des problèmes plus tard, un doctorat que je venais de défendre et surtout plus de quatre ans de ma vie. J'étais parti pour une aventure à moitié convaincante.

C'était donc lesté de doutes et de scepticisme que j'étais arrivé ce samedi à la gare de Lyon, non pas comme touriste, mais comme nouveau parisien. Pour ne pas trop penser à celle qui avait quitté Genève en bateau la matin même, je me suis embarqué dans une vie haletante qui a commencé le soir même au Chantier. C'était la première soirée du Nouveau Chantier. J'y retrouvais tous les visages de ceux rencontrés à Sitges ou à Sisteron. Etranger, je me sentais chez moi. Je n'ai pas pris le temps de changer de vie. Tout s'est enchainé dans un rythme effréné. Les milongas quotidiennes, la recherche d'appartement, la publication de mes anciens travaux, la recherche de nouveaux travaux. Mes journées et mes nuits étaient à ce point remplies que le premier mois se déroula sans que je m'en rende vraiment compte. J'étais pris dans le tourbillon de la vie parisienne.


Il y a d'abord la vie professionnelle. Paris, et en particulier mon laboratoire, est un lieu propice à la recherche scientifique. La concentration d'excellents chercheurs d'horizons différents, ainsi que leur curiosité forme un environnement productif. Les discussions ouvrent de nouveaux champs de possibles. Elles excitent l'imagination et sature mon esprit d'idée qu'il faudrait explorer. J'ai de multiples envies d'études et de directions de recherche. C'est dans ces moments que je comprends pourquoi j'aime mon travail. C'est dans cette curiosité, cette envie de comprendre ce qui m'entoure, de défricher des territoires inconnus que je puise ma passion pour la physique. Je suis libre de mes choix et j'aime ça. Un monde s'ouvre à moi et je suis impatient de le découvrir. Ces trois premiers mois ont donc été une période de renouvellement de ma passion. J'ai retrouvé cette flamme qui s'était réduite qu'à de faibles braises durant les dernières années.

Il y a aussi d'autres passions que l'on peut assouvir à Paris. Les différentes expositions ou films dont on peut profiter ici sont une ode aux voyages. D'autant plus que Judith a maintenant montré la voix en partant pour Damas. Mon envie de découvrir ou approndir ma connaissance de contrées lointaines ne s'est qu'aiguisée.

Et il y a le tango. Je ne sais pas si Paris est la capitale du tango européen. Ca m'est égal. Je sais pas contre que Paris est un régal pour tout tanguero. Il est si agréable de voir tant de bons danseurs et de pouvoir danser avec tant de bonnes danseuses que l'on s'y perd. Le "9 billard" s'enchaine avec le "latina", le "Chantier", le "Bahia blanca", "florida" ou le "tango des reines". On y danse, on y pratique, on y regarde et on y rencontre. Chaque jour à ses milongas et ses practicas. C'est une valse à milles temps qui nous fait tourner la tête. Mais on aime ça. Les valses s'enchainent aux tangos et aux milongas. Les boléos volent, les tours virevoltent. Il m'a fallu presque deux mois pour me calmer. Maintenant, je ne vais plus danser que quatre fois par semaines.

En général, malgré des rateaux mémorables, des frustrations habituelles, mon déménagement à Paris a été facilité par le tango. Car déménager dans un monde inconnu, où l'on a rien à quoi s'accrocher n'est pas simple. Oui, je parle la langue et la culture française est un peu la culture suisse. Je ne suis pas sur la lune. Il n'empêche. Il n'est pas facile d'être dans une ville nouvelle. Il faut se l'assimiler, se la faire sienne. Il faut que ses rues soient les siennes, de se retrouver dans ses bistrots, ses ruelles. Paris n'est pas encore mien, loin s'en faut. Mais le tango m'a permis de me sentir moins étranger à Paris.

Voilà pour des premières impressions à chaud, l'emballage vide de ma branche Cailler à mes côté et le parc des Bastions à deux pas.

Tuesday, December 19, 2006

Ce qu'un milonguero pourrait vous dire, mesdames

J'ai trouvé ce texte sur ce blog. Il retranscrit le texte publié dans ce magazine. C'est en anglais, mais comme je sais que tout le monde le parle, je le poste tel quel:

WHY I DON’T’ ASK YOU TO DANCE
(“...come to dance with me; I want to talk to you away from your friends. ..” (1))
by René

It is not that I am playing hard to please, I beg you to believe me. It goes deeper than that… how can I explain it... One of your big problems is coordination. I am not referring to the fine motor kind, you have invested good bucks in both doubtful and prestigious teachers. I am talking about the coordination of our much-postponed encounter. It seems to me, my dear, that you cannot really understand how the game is played, and that comes close to being a sin.
I am going to play my part, man that I am, no doubt about it. You will see me with my back straight and my neck stretched, a slightly worried expression on my brow and that manly look that I have practiced so much during long morning shaves. I will zero in on your eyes and then yes, a light nod and a certain and feline subtlety in my movements will invite you to dance. It is an ode to courage, my darling, because both my marvelous ego and I will be risking a negative answer. My legitimate pride exposed in the middle of the floor; years spent grooming my indomitable image of heartthrob gambled heads or tails in that coded message inviting you to dance.
This is no small thing. That it is why I am asking you not to make it even more difficult for me.
I mean: if you know that I do not like very fast and rhythmic orchestras, when they play them give me a break. Don’t force me into milonguero astigmatism, into "I look at you but I do not see you". Find a cool tanda, sort of middle of the road, something that will allow us to have a peaceful evening. I ask of you please, do not even dream of a milonga, let’s proceed with caution.
So don’t seek me at peak hours. Can’t you see that the dance floor is crowded like Bristol beach in Mar del Plata? What inane reason would make me invite you to dance under those conditions? I would prefer that you have a good memory of me and not a run in your nylons or somebody stomping right on your bunion (remember that nature imitates art). We better wait until the dance floor is a little bit emptier.
Besides, I have been observing you and there are certain behaviors that you should urgently change.
If there are fans in the room, tie your hair; and if there aren’t any, tie it anyway, your tresses get in my nose and I get allergies. And be a bit more selective as to who you dance with. Or didn’t you know that that guy was going to give you more kicks in one set than you would get from a defense player of El Porvenir soccer team in an entire championship? And you expect me to ask you to dance after that? No sweetie, that’s not how it works...
Don’t hold the back of my neck, please, I beg you: it makes me neurotic and besides, it invites gossip. And on top of everything, you want me to dance with you dressed like that? Why? So that the guys become dehydrated and the women cross me off? Not even if I were crazy, doll; what is in it for me there? You need to wake up immediately...
Forget glitter forever. You leave the guys as if they were coming from being branded and, let’s agree, you look almost as elegant as those who combine tango shoes with little short socks.
And get rid of that bad habit of fixing your bra between tangos, so that in order to keep my eyes from wondering, I have to breathe like the Tibetan masters and recite to myself the stanzas of Pobre mi madre querida (My poor dear mother).
And if you are going to sigh in my ear, don’t pretend to be like Lady Di afterwards, because it makes me wild, I don’t know if you understand what I mean. And with me...

- Hey, did you ever dance with that one?
- No, the opportunity never came up...

(1) N.T. ( “...ven a bailar que quiero hablarte, aparte de tus amigas...” ) from Sollozo de Bandoneon, Tanturi Cadicamo


PS: Promis: ceci est mon dernier post sur le tango (en 2006)

Monday, December 18, 2006

Un weekend pire que les autres

Il est 8h10 lundi matin et je suis coincé chez moi car le RER B en direction de Lozère est bloqué en raison d'un problème à la gare du Nord. Je n'ai dormi que sept heures et je suis crevé. Il faut dire que j'ai passé un de ces weekends haletants où le sommeil n'a été que secondaire. Tout a commencé vendredi soir avec la deuxième soirée tango du weekend. Ben oui, il y avait Latina jeudi soir, alors j'y suis allé. Vendredi soir, donc. Ca commence par le Retro Dancing, l'humeur dans les chaussettes à cause d'un Skype qui c'est mal passé. On m'avait dit qu'il y aurait un show de Carlos et Eliana. Je vais donc jeter un coup d'oeil: la moyenne d'âge est conforme à l'habitude et j'y fais donc pas de vieux os. Je prends finalement mes quartiers 100 mètres plus loin au Tango des Reines. Bonne milonga avec de la musique live, comme tous les vendredis. Mais j'ai pas trop envie de danser. Ce n'est que lentement que je sors de ma torpeur. Finalement, j'ai eu la chance de pouvoir danser avec une des meilleures danseuses de Paris. Un délice!

[Bon, mon widget m'indique que les RER vers Lozère ont repris. Je vais donc sortir de mon lit et continuer d'écrire mon récit dans le train. ]

Une fois cette milonga terminée, on se dirige vers le Latina avec Hortense pour terminer la soirée à 4h du mat. C'est 5h, samedi matin, quand je suis dans mon lit, le réveil mis pour 13h. Car le samedi après-midi, il y a le déménagement de Julie auquel j'ai promis de participer. Il m'a fallu plus d'une heure pour arriver chez elle. Car les trams parisiens attendaient que Delanoe et ses amis ouvrent le champagne avant de prendre des passagers. Les cartons d'habits, les bibelots et les chaussures s'enchainent jusqu'à 18h. Puis on enchaine directement par un bon petit resto proche du cimetière du Pere Lachaise. Ce n'est qu'à 21h que j'ai enfin pu retrouver mon confortable duvet.

C'est à ce moment de faiblesse que j'ai pris la mauvaise décision du weekend. Celle de mettre mon réveil pour 23h30 et d'aller danser au Chantier. Cela faisait trois semaines que je n'y étais plus allé. Et bien cette fois-ci non plus, je n'aurais pas dû y aller. Comme le Chantier se trouve à Montreuil, ce n'est qu'à 7h du matin que je rentre chez moi, totalement crevé, et que je m'écroule dans mon lit dans l'espoir d'un long sommeil réparateur.

Et bien non! Car il n'était que 14h00 lorsque l' "appel du croissant dominical" est devenu trop fort. C'est en véritable zombie en survêtement que je fais un rapide aller-retour à ma boulangerie préférée pour y trouver l'objet de mes rêves. Je passe mon après-midi à zombifier dans mon appartement avant de repartir pour la quatrième (!) milonga du weekend. Ce sera à l'Opus café pour la milonga florida. Mais comme cette milonga se trouve dans le 20e arrondissement, il me faut une heure pour y arriver, sans compter que je me perds. C'est furax, après 20 minutes de marche inutile et me promettant que je ne reviendrais plus que j'arrive enfin pour y voir une assistance clairesemée. Par chance, j'y rencontre très vite Andrei avec qui on parle et sirote une bière. Encore un plan galère ?

Ben non, car la très bonne musique de Matthias et quelques belles danses sauvent ma soirée. Je n'arrête pas de danser sur ces magnifiques valses lentes dont Matthias a le secret que pour assister à la tombola. Tombola où je gagne la bouteille de champagne!

Alors Champagne!

Et c'est repu de belles danses et de belle musique que j'arrive chez moi, un sourire de contentement sur les lèvres. Il est 0h30. Mon weekend haletant est enfin terminé et c'est avec le même sourire de contentement que je retrouve enfin mon duvet.




Wednesday, December 13, 2006

Ostertango

Pour ceux qui n'ont rien de prévu pour Pâques 2007, il y a toujours l'Ostertango, le festival de tango de Bâles. Le programme préliminaire a été publié ici

Malheureusement, mes coups de coeur de l'année passée, Marcelo et Analia, ne seront pas présent... Est-ce que ça vaut le coup d'y aller!? Chicho est aussi absent (mais bon, lui, je le vois pratiquement toutes les semaines), mais à côté des traditionnels Julio et Corina, Pablo et Dana , il y a Pablo Pugliese et Claudio Gonzalez & Melina Brufmann qui seront présent (et que je connais pas).

Tuesday, December 12, 2006

9 billards

Hier au soir, il y avait la traditionnelle milonga des 9 billards. Elle a lieu dans une salle de billards situé dans le 20e, proche du métro Goncourt. La salle est probablement une des salles les plus moches d'Europe. Elle est en forme de L, avec deux poteaux en plein centre de la piste. Le parquet est défoncé par endroits et pas plat en d'autres endroits. Certains soirs, il peut être pas assez glissant tandis que la semaine suivante, c'est une véritable patinoire. On entend dans l'arrière fond les joueurs de billards se réjouir de leurs derniers coups de génie.

Malgré les défauts de la salle, cette milonga s'est imposée comme La milonga de Paris. Le secret? Une musique très bien et une atmosphère très cosy. Les DJ y passent de la musique belle et dansable tandis que les lumières chaudes crééent une atmosphère particulière. La douceur de Judith, à l'entrée, fait que l'on se sent toujours le bienvenu. Tout ça fait que l'on retrouve tout le Paris dansant. Entre Chicho, Damian, Sebastian et Christophe, le spectacle est assuré. Même si l'on a pas envie de danser, c'est un plaisir de regarder les danseurs sur la piste. Plus encore, quand on y va, on est assuré d'y trouver les femmes avec qui on a envie de danser.

J'y vais donc régulièrement. Souvent, je pars de chez moi avec la ferme intention d'y aller que pour regarder les danseurs. Mais la musique est telle que mes bonnes résolutions ne tiennent pas très longtemps. Hier au soir, par exemple, je suis arrivé au milieu d'une tenda de Di Sarli. Je n'ai pas eu le temps d'enlever mes lunettes que j'étais déjà sur la piste. Mais à chaque fois que les minuits sonnent, je sais avec regret que je vais danser ma dernière tenda. Dire qu'à la même heure, il y a encore des gens qui arrivent...


Monday, December 11, 2006

Enfin!

Enfin un weekend plus ou moins normal où mes journées ne commencent pas à 18h00 parce que j'ai dansé jusqu'à 6h du matin.

Oui, évidemment, j'ai pas mal dansé. Vendredi soir, c'était le Latina, et dimanche, le Bahia Blanca, avec de la musique live. Mais j'ai réservé mon samedi pour faire ce que je déteste le plus, en particulier un samedi de décembre: du shopping. Je n'ai bien évidemment trouvé aucun des cadeaux recherchés. Mais cela ne m'a pas empêché de revenir les bras encombrés de paquets.

Après cette après-midi consumériste, j'ai continué sur ma lancée pour voir un de ces films où la réflexion est minimale. Pas trop envie de réfléchir. Pour ça, Casino Royal était idéal. Un mélange suffisant d'humour, de testostérone et de féromone pour que je rentre chez moi avec le doux sentiment de l'homme repu. Voilà enfin un samedi normal où je ne mange pas mes croissants à 18h00 pour repartir danser à 23h, où l'on peut profiter de l'hiver indien que l'on vit.

Etant rentré tôt samedi, j'étais levé tôt dimanche. Encore un jour magnifique dont il fallait profiter. Une longue ballade vers le 16e arrondissement m'a amené au Musée Guimet, où une superbe exposition sur l'art afghan était proposée. Malheureusement, je n'étais pas le seul à avoir eu cette idée. On a donc dû attendre plus de 30 minutes pour accéder aux salles et ensuite, plus de 15 minutes pour accéder aux vitrines des tombes de Tillia Teppe. Cette exposition m'a permis une fois de plus de me perdre dans mes souvenirs de désert et de grandes espaces. Plus que les pièces présentées, leur présentation m'a transporté. Les murs étaient recouverts de tapis de lin sur lesquels étaient imprimés les reproductions des lieux où les pièces présentées ont été trouvées. On pouvait y deviner les archéologues, dans les années 40 ou 50, découvrant ces lieux inconnus, ces civilisations oubliées. L'exposition en donnait un avant goût cruel. Car sitôt sorti, j'avais envie de repartir "là-bas". En particulier sur le site de Ai Khanoum, au bord du mythique fleuve Oxus (Amou daria) où semble-t-il Alexandre le Grand aurait séjourné. Cette plaine maintenant désertique, bordée des contreforts du Pamir et des lacets du fleuve me hante.

Je n'ai pu m'empêcher d'acheter un livre d'Ella Maillart que j'ai dévoré dans le bus qui me ramenait chez moi. En une journée, entre le livre et l'exposition, j'aurai voyagé dans les siècles.

UPDATE: Le New York Times a publié un article sur l'exposition au Musée Guimet

Friday, December 08, 2006

Déluge

C'est le déluge, en ce moment à Paris. Les rafales successives s'abattent sur les vitres de mon appartement. Je crois que je vais sagement rester travailler chez moi...

Thursday, December 07, 2006

La fable des deux fourmis.

Certaines personnes m'ont écrit pour se plaindre de ne pas savoir ce que je fais comme recherche. En particulier, ils n'ont jamais entendu la fable de la fourmi que j'ai évoqué dans un des premiers messages de ce blog.

Lorsqu'une personne me demande ce sur quoi je travaille, je réagis de plusieurs manières différentes selon le contexte de la discussion. Si c'est dans un contexte professionnel et que la personne qui me pose la question peut potentiellement collaborer avec moi, je lui dis la vérité avec multiples détails et le vocabulaire technique qui va avec. Si c'est dans un contexte professionnel mais que la personne est membre d'un groupe concurrent, ou peut potentiellement travailler sur des recherches semblables, je lui répond que "Oh, tu sais... Je travaille sur mille et un projets en ce moment". Si la personne insiste, j'évoque une contination de l'article que j'ai précédemment publié, tout en restant vague.

Si par contre on me pose la question lors d'une occasion sociale extra-professionnelle, mon approche est différente. Depuis le début de ma thèse, j'ai développé une stratégie. Comme mon travail de diplôme, puis le début de mon doctorat traitait des corrections aux lois de Newton dans le contexte de grandes dimensions supplémentaires dans la théorie des cordes, j'expliquais à mes interlocuteurs que je travaillais sur les "mondes parallèles". En effet, dans ma première publication, nous avions construit un modèle de D-branes parallèles qui sont séparées par un dimension à grande distance (grande veut dire beaucoup plus grand que le "rayon d'un électron", soit typiquement quelques millimètres). Ces différentes D-branes sont en fait des membranes qui couvrent en autres toutes les quatres dimensions que l'on connait (temps, hauteur, largeur, longueur) et où peuvent se propager les interactions ( ou "forces") comme l'électricité, la radio-activité ou l'interaction dite "forte". Ce sont donc des "mondes". Et comme, dans ce type de modèles, ces mondes ne se rejoignent pas, et qu'ils sont séparés par une distance pouvant aller jusqu'au millimètre dans des directions orthogonales aux nôtres (5e, 6e dimension, ect...), ce sont des mondes parallèles.

Lorsque je parle de dimensions supplémentaires et de mondes parallèles, il y a typiquement deux réactions différentes. Il y a soit un "ah, intéressant" poli suivi d'un commentaire admiratif sur le punch servi, soit les gens sont interessés et demandent plus d'explications.

C'est pour ces gens là que la fable des deux fourmis a été développée. C'est la triste histoire des deux fourmis qui ne peuvent pas se voir. La première fourmi se trouve sur le sol où elle peut marcher librement. Cependant, elle ne peut pas voir ce qui se passe au dessus d'elle. Donc pour cette fourmi, seul existe ce qui se trouve devant et à côté d'elle. Pour cette fourmi, il n'existe que deux dimensions. La deuxième fourmi se trouve sur une table située au dessus du sol où se trouve la première fourmi. Pour elle aussi, la vie est dure. En effet, comme sa consoeur, elle ne peut voir que devant et à côté d'elle. Elle ne voit que deux dimensions. Le sol et la table sont donc deux mondes parallèles pour "la conscience fourmi-esque". Cependant, pour nous qui voyons trois dimensions, ce ne sont pas deux mondes parallèles, mais deux objets dans un monde plus vaste, à trois dimensions.

En généralisant cette idée, il est possible que notre perception soit partielle et qu'en fait, il n'existe pas que la longueur, la largeur et la hauteur, mais aussi d'autres dimensions que l'on ne "voit" pas. Ces dimensions pourraient nous séparer de mondes que l'on considèrerait comme "parallèles".

Je pourrais aussi parler des conséquences expérimentales de l'existence de dimensions supplémentaires et des mondes parallèles. Mais ce post est suffisamment long... Ce sera pour un prochain épisode

Wednesday, December 06, 2006

Buddha d'Asie Centrale

Il y a un (encore) un article sur les Buddha géants de Bamyian dans le New York Times d'aujourd'hui. Ces deux buddhas géants (leur hauteur est d'environ 50 m) ont été sculptés il y a 1500 ans dans la roche d'une colline dans le centre de l'Afghanistan. Les talibans, durant leur règne, ont décidé, autant pour des raisons politiques que religieuses, de les détruire. Les raisons religieuses sont évidentes: les talibans prônent un islam très traditionnel pour qui l'image de l'adoration d'un autre dieu dans cette "terre d'islam" n'est pas acceptable. Les raisons politiques sont moins claires. Le premier aspect est que Bamiyan se trouve dans la région Hazara. Les hazaras sont en majorité chiites, donc hérétiques aux yeux des talibans. De plus, ce furent parmi les opposants les plus farouches des talibans. En particulier, ce sont les hazaras qui ont provoqués une révolte anti-talibane à Mazar-E-Sharif. Certaines personnes ont avancé que la destruction des buddhas pourrait faire partie de revanche contre les Hazaras

Depuis la chute de ceux-ci et l'intervention des américains, il y a plusieurs projets pour reconstruire les buddhas à partir des débris laissés par leur destruction.

Lors de mon voyage en asie centrale, j'ai pu voir un des Buddhas construit à la même période que les buddhas de Bamiyan dans la région où se situe l'actuel Tadjikistan. C'est un Buddha couché d'une dizaine de mètres de long. Il se trouve maintenant dans un musée de Dushambe.




Dans mon blog de voyage, j'avais donné mes impressions lorsque je le l'avais vu. Il dégageait une telle sérénité communicative que j'y suis resté pendant de longues minutes à le contempler. Il dégage une aura si forte qu'il crée une bulle hors du temps à l'intérieur de ce musée. Ce fut une expérience assez forte, je dois le dire.

D'un autre côté, l'idée même de dépenser des millions de dollars pour la reconstruction de ces buddhas frise l'indécence. En effet, la grande majorité des afghans sont pauvres. Ils vivrent avec très peu de moyens et attendent (attendaient) beaucoup de l'aide internationale pour la reconstruction de leur pays. Malheureusement, pour différentes raisons (corruption, promesses non tenues, incompétences des agences d'aide), les afghans ont l'impression de ne pas avoir vu l'effet des centaines de millions de dollars injectés dans leur pays. Cela provoque parfois un sentiment de rejet de l'étranger, en particulier de certaines ONG.

Si, en plus de cela, ils voient que "les étrangers" dépensent des millions pour reconstruire des statues, je pense que cela pourrait être très mal pris. Et pousser encore plus les afghans dans les bras des talibans...

Monday, December 04, 2006

Rencontre du 3e type

Ils étaient quatre. Deux hommes et deux femmes. Le premier était dans dans la quarantaine, petit, les cheveux bruns. C'était le chef. Le second était visiblement plus jeune. Grand aux cheveux noirs, il canalisait difficilement son envie de trouver le coupable. Enfin les deux femmes restaient à l'extérieur de la pièce du crime pour garder le périmètre.

La pièce en question était meublée de deux machines à café, deux imprimantes, un ordinateur à accès libre, de même qu'une grande table hexagonale et un tableau noir. Deux personnages, dont le narrateur, étaient en train d'écrire des signes cabalistiques au tableau noir, tout en parlant, avec force gestes, une langue inconnues des quatre gendarmes. Ils avaient dans la vingtaine, semblant trop jeunes pour travailler dans cet illustre institut militaire.

-Bonjour messieurs, qu'est-ce que cette salle? Interrogea le chef

-Bonjour, c'est la salle à café de l'institut, repondis-je

-La salle de repos, donc.

-La salle commune, en effet.

-La salle de repos! corrigea le chef

-On ne se repose pas, dans cet institut, on travaille, monsieur!

-Et c'est vous, le responsable, monsieur, interrompit brutalement le plus jeune des gendarmes.

-Non, ce n'est pas moi.

-Mais vous faites quoi, ici, alors?

-Je travaille.

Le jeune gendarme incrédule, insiste. Il donne l'impression d'avoir trouvé sa proie et ne veut pas la lâcher.

-Mais c'est une salle de repos

-Non, monsieur, c'est une salle commune.

Le chef, plus calme, répète la question centrale

-Qui est le responsable?

-J'en sais rien, demandez au secrétariat

C'est cette remarque qui achèva la conviction du jeune gendarme. J'étais le coupable recherché. Comment quelqu'un travaillant dans un institut militaire peut ne pas connaitre la chaîne de responsabilités? Je ne pouvais donc pas travailler ici. En plus, j'étais trop jeune

-Comment ça, vous ne savez pas?

-Non, je ne sais pas, demandez au secrétariat!

Le chef reprit la discussion et explique enfin la situation. Un jeune homme aurait été vue la nuit précédente, dans cette salle, en train d'utiliser l'ordinateur qui s'y trouve. Ils ont donc été appellés pour enquêter. Il me demande de voir si l'utilisation de l'ordinateur nécessite un mot de passe. Comme ce n'est pas le cas, il me demande si l'on peut accéder à des "secrets" depuis ici. Je ne peux pas m'empêcher de sourire à cette question saugrenue sous l'oeil toujours aussi inquisiteur du jeune gendarme. Des secrets dans un institut de physique théorique...

Une fois le chemin vers le secrétariat expliqué, les gendarmes repartent. La discussion fut courte, mais nous a laissé un goût particulier. Mon collègue avec qui nous parlions de "mu-termes", de "D-branes" et de "superpotentiels" au tableau noir ne parle pas très bien français. Il me demande ce qu'il s'est passé. Il me dit avoir eu l'impression, dès l'entrée des gendarmes dans la pièce que l'on était vu comme étant coupable de quelque chose. J'ai eu le même sentiment désagréable avec le jeune gendarme. Son regard appuyé, son ton agressif m'ont immédiatement mis dans une position de défense, ce qui, en retour, a accentué sa méfiance envers moi.

C'est un cercle vicieux qui a rapidement biaisé la discussion et qui nous a laissé un arrière-goût désagréable. Même sans avoir compris ce qui se tramait, la communication non-verbale des gendarmes et la mienne étaient explicites: J'étais coupable.

Je vous soulage, malgré ce traumatisme, je ne compte pas aller brûler un bus de la RATP ni caillasser un véhicule des pompiers...

Friday, December 01, 2006

The departed

Je reviens du cinéma où j'ai été voir le dernier film de Scorcese, The departed. Un film à voir!

De plus, je promets que je ne me moquerai plus des talents d'acteur de Leonardo Di Caprio!