Il fallait y aller pour régler des affaires administratives comme on solde huit ans de sa vie. Une signature au bas d'un document, un interlocuteur qui se lève et tend la main en disant: "Gratulation, Herr Doktor Maillard", c'est un livre de huit ans qui se ferme.
La première page avait été écrite l'été 1997. Mes bagages se déposaient alors au 7 de l'Apollostrasse. Puis plus tard une autre valise était laissée à la Duebendorfstrasse et finalement au Lerchenrain. Une ville s'apprivoise lentement. Les débuts sont difficiles. On ne connait rien ni personne. Même pas la langue. On est jeune et timide, la ville impressionne. Mais au blues des premiers mois succède la découverte des plaisirs citadins. Comme une poupée russe, chaque porte que l'on pousse ouvre de nouveaux horizons. Les possibilités se multiplient. Elle devient sienne.
Alors lorsque la lourde porte du Hauptgebaude se ferme une dernière fois derrière soi, le coeur se serre. C'est un peu de sa personne que l'on laisse derrière soi. On prend conscience de ce que l'on quitte. Alors on s'arrête sur la Polyterrasse. On y contemple la Frauenmuenster et la Grossmuenster. On sourit en se remémorant les descentes en luge de l'Uetliberg. Finalement, on se résoud à traverser la Limmat pour dire au revoir à l'ange gardien de Nikki. Le train de 9h34 est déjà à quai. On y monte sans savoir quand on reviendra.
Mais comme Marlene Dietrich pourrait chanter, "Ich hab' noch einen Koffer in Zurich. Der bleibt doch dort und das hat seinen Sinn. Auf diese Weise lohnt sich die Reise..."
1 comment:
C'est bien la première fois que tu m'émeus par tes commentaires. ouf, tu as aussi des sentiments comme le commun des mortels. AF
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