Après le festival de
Bruxelles le weekend passé, ce fut le tour du
festival de Bale pour le long weekend de Pâques. C'est la deuxième édition à laquelle je participe et j'ai beaucoup moins apprécié celle-ci.
Il est assez étrange de remarquer l'évolution des attentes entre deux éditions d'un même festival. Il y une année, l'Ostertango était le premier festival auquel je participais. Le souvenir est celui de démonstrations éblouissantes (en particulier
Marcelo/Analia et Julio/Corina), de bals- à cause du manque de place- difficiles à danser et de danseurs magnifiques. Une année et quelques festivals plus tard, le regard sur la deuxième édition est totalement différent. Les démonstrations étaient décevantes, la place à disposition pour danser suffisante et le niveau des danseurs bon.
A quel point ces appréciations sont-elles objectives? A quel point ce sont les attentes envers les démos et les bals qui ont changés? L'année passée, les démos de Julio et Corina étaient impressionnantes. L'énergie, la fluidité et la précision de leur danse étaient inégalées. Leur manière de danser comme dans une milonga, sans les figures amples du tango nuevo, donnait l'impression d'une improvisation. Mais cette année, sur les quatre danses qu'ils nous ont proposés, deux étaient strictement identiques à celle que l'on a pu
voir à Bruxelles. Ma naiveté en a pris un coup. Pour certains couples comme
Sebastian et Mariana, il est évident que la plupart de leurs démonstrations sont chorégraphiées. A l'inverse, Chicho prétend ne choisir ses musiques que dix minutes avant les démos. Je sais maintenant que
Julio et Corina chorégraphient leurs prestations. De le remarquer vendredi soir à Bâle m'a profondément attristé: Comme dans toute relation d'amour, le temps de la décristallisation devait un jour arriver.
Quant aux bals, il est difficile de dire s'il y avait réellement plus de monde en 2006. Là encore, c'est peut-être la différence entre les yeux d'un enfant ébloui par un nouveau jouet et le regard d'un homme mûr (ou blasé, qui sait). Comme pour débutant, la gestion de l'espace était plus difficile l'année passée: celui qui guide doit être plus concentré et profite moins intensément de la musique. Cette année, il semblait aisé de faire des tours sans que la femme ne recoivent dix coups de talons.
Encore faut-il danser. Si le
post précédent expliquait certaines tactiques masculines pour choisir une partenaire dans un festival, faut-il encore qu'elle soit intéressée. Si pour l'homme, inviter une inconnue est source de risques, le même vaut aussi pour la femme: elle prend le risque de passer 3 terribles tangos en acceptant une danse avec un mauvais danseur. Alors lorsque le festival a lieu dans des endroits comme Bâle ou Paris où le niveau des danseurs est élevé, la danseuse "locale" n'a pas besoin de prendre trop de risques: il y suffisamment d'hommes qu'elle connait pour passer une bonne soirée. C'est une des raisons (sûrement pas la seule) pour laquelle les danseur(se)s parisien(ne)s sont souvent considéré(e)s comme étant arrogant(e)s. Lorsqu'un étranger inconnu vient au Neuf Billard par exemple, il est fort probable qu'il se ramasse quelques "râteaux": la probabilité est grande que les femmes, qui ont la possibilité de danser avec des hommes connus, lui oppose un NON plus ou moins poli. A savoir si cela est dû à de l'arrogance ou à de l'autodéfense...