Thursday, May 31, 2007

Anselm Kiefer au Grand Palais.

Ma plus belle chemise a été sortie des bas-fonds de mon armoire. Mes chaussures ont été cirées. Rasé comme je ne l'ai plus été depuis des années, j'étais prêt pour l'événement mondain de la semaine. Vous rendez-vous compte?! Anselm Kiefer expose à Paris. C'est momumental! et c'est au Grand Palais.



En faisant abstraction du (pas) beau Dominique de Villepin, des bourgeois parisiens pour qui l'art ne peut être que marchand, des belles plantes pour qui l'art se découvre au bras de leur riche mari et des Aaartistes en pantalons de paillettes d'or, il faut avouer que l'exposition est magnifique. A voir absolument

Saturday, May 19, 2007

LeMonde: Attentat à Kunduz

Voilà un article de Monde qui ne dit rien de bon sur l'évolution de la situation en Afghanistan. Une bombe a explosé sur le marché de Kunduz. Pourquoi n'est-ce pas bon signe?

Kunduz se trouve dans le nord de l'Afghanistan. Cette région fut le théâtre de violent combat entre talibans et américains (avec l'alliance du Nord) lors de l'intervention américaine. Depuis lors, elle est resté plus ou moins à l'écart des violences afghanes. Contrairement aux régions du sud qui sont ouvertement en guerre, le Nord (Mazar E Sharif, Kunduz et Fayzabad) était épargné pas les violences. Mis à part un attentat au vélo piégé à Kunduz l'année passé, ou quelques attaques à la roquette à Fayzabad, les 3000 soldats allemands se trouvaient dans une région plus ou moins pacifiée. Ce n'est plus le cas.

En 2005, j'y suis resté deux jours, dans ce marché de Kunduz où l'attaque a eu lieu. Le marché est en fait le long de deux rues perpendiculaires qui forment le "centre ville". La route, bien que goudronnée est poussièreusse. Les échoppes d' "accessoires de voitures" crasseuses. Je m'y balladais pour y goûter les glaces faites maison et les pains plats des boulangers dont les fours donnaient sur la rue. C'est sur une de ces rues où se trouvait le Chaikhana où j'ai dormi la première nuit avec ces deux ex-mudjahidines voulant me protéger des dangers de la ville. Nous étions arrivés après un très éprouvant voyage depuis Faizabad. La route était longue et en très mauvaise état. Les quelques 200 km qui séparaient les deux villes ont été parcourus en 15 heures. Dans ces 15 heures, il faut compter les arrêts-prière, les arrêts pour déplacer les cailloux sur la route, les arrêts-restaurant et les checkpoints. C'est sur l'un de ces checkpoints que j'ai vécu mon expérience afghane la plus difficile. Dans ce "flying couch", j'avais rencontré ces deux afghans, dont l'un avait perdu une jambe "contre les russes". Ils avaient pris mon parti à ce checkpoint à la sortie de Taloqan et lorsque nous étions arrivé à Kunduz de nuit et que je ne connaissais aucun lieu pour dormir, ils m'ont alors proposé que je les accompagne. Ils ne me connaissaient pas, mais ils ont voulu me protéger. Ce fut un moment très fort où l'hospitalité afghane a pris tout son sens, une véritable leçon de vie.

Tuesday, May 15, 2007

Très bon article du NYtimes sur le CERN

Si vous voulez comprendre l'expérience LHC qui va bientôt (on l'espère) être lancée au CERN à Genève, il faut lire cet article du New York Times. Comme la plupart des articles "science" du New York Times, celui-ci est de très haute qualité. Il explique avec clarté les enjeux scientifiques, financiers et politiques de cette expérience, ainsi que les dimensions industrielles qu'elle représente. On peut aussi trouver une vidéo et des photos donnant l'échelle des détecteurs ainsi que l'atmosphère au CERN.



Wednesday, May 09, 2007

Hab' ich noch einen Koffer in Zurich ?

Deux jours pour dire adieu à Zurich, c'est court. Ce n'était d'ailleurs pas le but.

Il fallait y aller pour régler des affaires administratives comme on solde huit ans de sa vie. Une signature au bas d'un document, un interlocuteur qui se lève et tend la main en disant: "Gratulation, Herr Doktor Maillard", c'est un livre de huit ans qui se ferme.




La première page avait été écrite l'été 1997. Mes bagages se déposaient alors au 7 de l'Apollostrasse. Puis plus tard une autre valise était laissée à la Duebendorfstrasse et finalement au Lerchenrain. Une ville s'apprivoise lentement. Les débuts sont difficiles. On ne connait rien ni personne. Même pas la langue. On est jeune et timide, la ville impressionne. Mais au blues des premiers mois succède la découverte des plaisirs citadins. Comme une poupée russe, chaque porte que l'on pousse ouvre de nouveaux horizons. Les possibilités se multiplient. Elle devient sienne.


Alors lorsque la lourde porte du Hauptgebaude se ferme une dernière fois derrière soi, le coeur se serre. C'est un peu de sa personne que l'on laisse derrière soi. On prend conscience de ce que l'on quitte. Alors on s'arrête sur la Polyterrasse. On y contemple la Frauenmuenster et la Grossmuenster. On sourit en se remémorant les descentes en luge de l'Uetliberg. Finalement, on se résoud à traverser la Limmat pour dire au revoir à l'ange gardien de Nikki. Le train de 9h34 est déjà à quai. On y monte sans savoir quand on reviendra.

Mais comme Marlene Dietrich pourrait chanter, "Ich hab' noch einen Koffer in Zurich. Der bleibt doch dort und das hat seinen Sinn. Auf diese Weise lohnt sich die Reise..."